SOUVENIR DE LA BATAILLE DE SAVENAY, 23 DECEMBRE 1793.

Publié le par culture

23 DECEMBRE 2021. C'est en voiture que j'ai effectué aujourd'hui le périple final de l'Armée catholique et royale les 21 et 22 décembre 1793 s'achevant par le massacre de Savenay et ses alentours. Je n'ai pas utilisé la route actuelle de Blain à Bouvron, qui n'existait pas alors puisque créée en 1824, mais l'ancienne voie romaine de Blain au port de Rohars sur la Loire.

SOUVENIR DE LA BATAILLE DE SAVENAY, 23 DECEMBRE 1793.

Passage du pont Serin (qui bien sûr n'est pas le même !) sur le ruisseau nommé "ruisseau du Pont Serin". En décembre 1793 ce ruisseau était gonflé des pluies persistant depuis des semaines. Le pont servit pour le passage des piétons et cavaliers ; il semblerait que les conducteurs de chariots essayèrent de passer par le lit du ruisseau de même que le firent les poursuivants révolutionnaires à leurs trousses. En effet un érudit local, qui  a rédigé un bel ouvrage sur Bouvron (et l'abbé Nicolas Corbillet ou Corbillé martyr de Bouvron), écrit qu'au début du siècle (1900) "on voyait encore des éléments de caissons (d'artillerie) et de moyeux dans la boue du ruisseau". Aujourd'hui le ruisseau était calme et rendait difficile d'imaginer ce que ces pauvres gens endurèrent, dénués de tout, même de vêtements, certains étant revêtus des costumes qu'ils avaient pris au théâtre de La Flèche.

SOUVENIR DE LA BATAILLE DE SAVENAY, 23 DECEMBRE 1793.

Continuant par la vieille route, entre Bouvron et Savenay - qui n'a rien à voir avec l'actuelle -  c'est l'arrivée à La Moere. Le relais de poste, qui servit de Quartier général à Marceau, vient de disparaître définitivement. Depuis des décennies réduit à un amoncellement de ruines envahies par les ronces, les pelleteuses ont fait leur œuvre afin que les entreprises de maçonnerie puissent couler des dalles de bétons pour construire un agrandissement de la maison de retraite. Exit le souvenir de Marceau, Westermann, Kleber, Canut etc.

SOUVENIR DE LA BATAILLE DE SAVENAY, 23 DECEMBRE 1793.

Finalement il ne reste comme témoin de cette époque terrible que l'ancien presbytère, toujours enclos de ses murs aussi anciens que lui, et son porche d'entrée. Il fut un lieu d'accueil, pour une nuit, des combattants et de ceux qui les accompagnaient, exténués.

SOUVENIR DE LA BATAILLE DE SAVENAY, 23 DECEMBRE 1793.

Le périple de la journée se termine au mémorial nommé "Croix des Vendéens" terme restrictif qui englobe l'ensemble des combattants qui comptaient des Bretons mais aussi des "résistants" locaux de Saint Etienne de Montluc, de Campbon (Coislin), de Savenay, Besné et autres lieux. D'ailleurs, sur le tombeau, une plaque en bronze mentionne bien: "La Vendée et l'Armorique fidèles dans la vie et la mort à Dieu et au Roy". Ce qui contredit un message électronique d'une personne - paix à son âme - qui m'écrivait que ce jour là les Bretons "étaient aux abonnés absents" !

SOUVENIR DE LA BATAILLE DE SAVENAY, 23 DECEMBRE 1793.SOUVENIR DE LA BATAILLE DE SAVENAY, 23 DECEMBRE 1793.

Cette Bataille et les massacres qui s'ensuivirent auraient  fait plus de dix mille victimes, hommes, femmes, enfants et prêtres. Gaspar de Bernard de Marigny tirera ses dernières salves pour protéger la fuite des survivants avant d'aller se réfugier dans la sombre forêt du Gâvre, au nord de Blain, puis de pouvoir rejoindre, avec ses hommes, la Vendée. Le pêcheur d'alose et des divers poissons de La Loire, Jean Legland, 26 ans et jeune marié, fera traverser, à ses risques et avec sa barque, plus de 1200 personnes, en plusieurs mois et traversées. Il fera passer, entr'autres personnages, l'abbé Bernier que, dans ses Mémoires confiées à (et rédigées par) son fils, il nomme le "curé de Saint Lo". Ce dernier lui avait confié ses vases sacrés (calice et patène) et différentes pièces d'orfèvreries (chandeliers etc.). Trois ans plus tard, quant les temps furent redevenus plus sereins, Jean Legland prit le chemin de la Vendée pour ramener ses biens à l'abbé Bernier : En remerciement "il m'offrit à manger" !

Terminons par une note caustique : Si le spécialiste de la reconstruction de monuments inexistants avait eu connaissance de l'existence du Relais de Poste QG de Marceau, il aurait pu le restaurer et bâtir le blockhaus qui lui servit pour son Etat-major et la tour de téléphonie, ancêtre du sémaphore, pour entrer en relation avec ses autorités supérieures ?

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