UN CHOUAN DANS LE PAYS CERIZEEN.

Publié le par culture

UN CHOUAN DANS LE PAYS CERIZEEN.

C‘est accompagné de deux membres du Souvenir Chouan de Bretagne que je suis allé explorer, sur le plan de l’Histoire du soulèvement, le pays de Cerizay dans les Deux-Sèvres. ce sera aussi la découverte dans l'église de Courlay du vitrail de Jésus-Christ pleurant sur la France, thème d'actualité avec la déchristianisation de notre pauvre pays.

Mais auparavant ce fut, le samedi matin, grâce à Marie-Laure, la découverte du château de Pugny, des ruines achetées il y a six ans par un particulier qui pensait acquérir une ferme. Une association des amis de Pugny a été créée et exhume de riches éléments d’architecture enfouis sous la terre et les gravats ; en particulier les structures d’un reste d’escalier et ce qui devait être un sudarium créée par  le propriétaire de retour des Croisades. La tâche de restauration est énorme mais ne décourage pas le propriétaire des lieux. Il faudra évacuer entre deux à trois mètres de hauteur de déblais divers. De ce château est parti le premier soulèvement de la Vendée.

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Ensuite mon guide nous fit prendre la direction de La Chapelle Saint Laurent pour rendre visite à Notre Dame de Pitié en  sa basilique. Elle est construite entre 1890 et 1920, sur le site d’une ancienne chapelle et abrite une Piéta qui daterait du XVème XVIème siècle. Cette statue sauvagement abîmée par les Bleus pendant la révolution a été restaurée en 2001. Ce site est un lieu de pèlerinage important en Bas Poitou. A Courlay nous saluons la mémoire de François-Joseph Texier massacré en haine de la foi en 1793.

Richard Lueil va nous concrétiser, par la présence « in situ », le passage de la Colonne Infernale de Grignon et son adjoint Lachenay. Notre guide connaît parfaitement son sujet qu’il a narré dans son excellent ouvrage « Moi, Grignon, général de Colonne Infernale ».

Notre colonne suiveuse, montée sur 260 chevaux aux rênes tenues de main ferme par notre cicérone va suivre le parcours sinueux de cette Colonne qui dévasta tout sur son passage, exterminant les humains et détruisant les constructions. Les Vikings à la sauce révolutionnaire, au nom de la liberté.

Le bâti a été reconstruit sur les ruines, les noms des hameaux martyrs sont les mêmes. On imagine l’impact publicitaire auprès de la presse « bien pensante » si chaque propriétaire fixait sur sa maison une simple plaque « Maison reconstruite sur les ruines laissées par le passage de la Colonne républicaine du général Grignon en 1794. Des centaines de plaques témoin ! Plusieurs centaines de personnes furent en outre exterminées, violentées et massacrées.

Nous sommes dans un des territoires où subsiste toujours « la Petite Eglise » ou Eglise des dissidents qui, depuis 1802 date de son application, refusent le Concordat de Napoléon (et, bien évidemment, la Constitution civile du Clergé de juillet 1790). On pourrait presque la qualifier de religion d’initié tant la religion catholique concordataire est rejetée ; ce qui est dommage car ces catholiques se privent des indispensables sacrements (sauf le baptême que tout catholique – même dissident - peut donner). Quelques ralliements se sont faits y compris récemment. L’église de Courlay signale par une plaque un retour dans l’Eglise sous le pontificat de Paul VI.

Richard en profite pour nous emmener au cimetière de Montigny ; à quelques mètres de distance la tombe d’un prêtre dissident dont les inscriptions sont effacées et celle du curé de la paroisse l’abbé Favrelière décédé en 1871 qui durant 35 ans « sut plein de bonté de piété et de zèle ramener cette paroisse dissidente à la véritable Eglise ». 

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A Saint André sur Sèvre la tombe de l’abbé Pairière, fleurie et portant des ex-voto, est la seule du cimetière qui soit orientée vers l’Est, vers le Levant  (le corps est déposé visage tourné vers l’Est mais aussi vers la croix qui surplombe la tombe); la plaque mentionne, comme pour tous les prêtres de la dissidence « Prêtre catholique ». A quelques mètres la tombe de Marie Milasseau rescapée à l’âge de 8 ans et demi d’un massacre de soixante personnes par la Colonne de Grignon. Ses pleurs ont ému un bourreau Bleu. Elle mourra, célibataire, âgée de 88 ans ; ses parents ont survécu mais d’autres membres de sa famille ont péri.  A quelques kilomètres d’ici, dans le cimetière de Montravers une plaque apposée sur une tombe par Les amis du Pont Paillat fait mémoire de François Coudrin capitaine de paroisse ; d’après Richard ses restes sont à proximité ; sa tombe, comme d’autres, a été éliminée pour que les cortèges puissent se rendre plus aisément au monument aux Morts.

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Dimanche messe en la chapelle de Beauchêne, église du bourg rattaché à Cerizay. Elle est tenue par les Chanoines de Saint Augustin du Latran depuis 1872, dont le couvent jouxte la chapelle. Ils furent appelés ici par Julien de La Rochejacquelein. Dédiée à Notre Dame elle est un lieu de pèlerinage depuis le XIIème siècle ; dans un joli retable récemment restauré, Marie, en majesté, montre son fils aux fidèles. Le Prieur est le Père Pauwlak, polonais d’origine, qui prit la parole avant la bénédiction finale sur les affres que traverse notre Eglise et parla fort bien. Allant le voir dans la sacristie après la messe je le félicitais  pour ses mots mais en lui faisant remarquer que si 3,5% des actes pervers dits pédophiles étaient le fait de certains « dérangés » il serait bon que l’Etat recherche les 96,5 % autres prédateurs pervers. Enfin si 2 % des clercs (et non-clercs) sont impliqués dans cette crasse il vaudrait mieux parler des 98 % qui font bien leur travail !

Un grand vitrail au Nord illustre un pèlerinage avec Messieurs Gaspard de Marigny et Louis-Marie de Lescure, portant le scapulaire ; une clef de voûte porte les armes des La Rochejacquelein.

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Avant le déjeuner passage par Courlay : un habitant a du trouver que le bassin était sale et y a versé de quoi le nettoyer.

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L’intérieur de l’église contient un monumental retable (1750) et deux vitraux consacrés à des victimes de la révolution : un groupe de douze femmes et le septuagénaire François-Joseph Texier assassiné au bord de la route car il ne voulait pas crier Vive la république et s’obstinait à crier « Vive Jésus, Vive sa croix ».

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Un autre témoignage intéressant : une porte qui porte les traces de la visite affectueuse des républicains-voleurs entrés par effraction violente dans l’église le 21 novembre 1906.

Nous partons ensuite pour le site des batailles du Bois du Moulin aux chèvres en juillet 1793 puis en octobre ; Richard, qui a bien étudié le cadastre, les situe plus bas dans ce qui est maintenant un champ cultivé ; il faudrait pouvoir s’approcher mais le chemin creux est difficilement accessible et privé.

Périples dans la campagne toujours dans les traces sanglantes de Grignon. Passage par Nueil Les Aubiers où  dans le cimetière se trouve la tombe de deux « prêtres catholiques » les abbés dissidents Jacques-Noël Fossey et Jean-Nicolas Ousouf.

UN CHOUAN DANS LE PAYS CERIZEEN.UN CHOUAN DANS LE PAYS CERIZEEN.

Puis nous nous rendons à Saint Clémentin, encore un autre village martyr des exactions de la Colonne de Grignon ; (de toute façon ce n’est ici qu’une succession d’Oradour sur Glane ; à la différence que si ce village souffrit d’ennemis de la France ici ce sont des révolutionnaires qui persécutèrent leurs compatriotes). Nous faisons d’abord un arrêt au cimetière sur la tombe de l’abbé Pierre Larc qui fut le curé de Saint Clémentin  de 1755 à 1801. Il n’a jamais quitté sa paroisse pendant le temps de la révolution (sauf trois mois) ; il se cachait dans sa paroisse ou aux alentours. Il a reconstitué tous les registres (ou presque) paroissiaux déchiquetés par les hordes de Grignon. Richard confie : « Les dernières paroles rapportées dans le registre du curé Pierre Larc n’ont été que pour réclamer uniquement des prières pour tout le mal qu’il s’était donné pour conserver les registres et avoir subi les errances d’un prêtre à cette époque ».

 

Nous faisons  ensuite une halte à la très jolie chapelle de Notre Dame des rosiers, logée dans la nature au bout d’un joli chemin aux vieux arbres sans doute témoins de tous ces crimes. Les Bleus auraient voulu la brûler mais la voûte et l’autel sont en pierre.

UN CHOUAN DANS LE PAYS CERIZEEN.UN CHOUAN DANS LE PAYS CERIZEEN.

Nous faisons un arrêt devant une croix que Richard voulait me faire connaître car il y a toujours ressenti de drôles de sensations ; trois personnes seraient ensevelies à faible distance sans aucun doute victimes de Grignon.

La journée se termine, il est tard et il faut rentrer ; après avoir remercié mes compétents guides nous nous promettons de continuer d’autres visites dans des « Chemins secrets ».

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