PRETRES à  GUER (Morbihan) de 1792 à 1802

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PRETRES à  GUER (Morbihan) de 1792 à 1802

En ce moment l’Eglise de France traverse une tempête par la faute de quelques clercs. Ils auraient du être réduits à l’état laïc à cause de leur amoralité, de leur perversité et par là de leur malfaisance. Dès le début des années 50 où les idées « de travers » entraient dans le cerveau des esprits faibles certains ne se rendaient même pas compte de la gravité de leur faute. Une déliquescence des mœurs et de l’autorité ; dans un registre différent c’était l’époque où le futur cardinal Marty (l’homme qui avait la foi qui déplace les montagnes mais pas celle qui arrête les autorails) bravait le Pape Pie XII en célébrant, déjà, la messe tourné vers l'assemblée.

Il est donc utile de rappeler les souffrances des prêtres fidèles à leur idéal sacerdotal, au péril de leur vie, pour le service des âmes durant la révolution.

Guer est présentée à l’Administration départementale, le 17 juin 1792,  par Gaillard de La Touche, Procureur syndic de Ploërmel, comme le repaire et le foyer de la coalition.

Ce canton de l’Est du Morbihan est, en quelque sorte, le reflet de la résistance catholique des clercs de Bretagne aux prétentions hégémoniques de la révolution, de la république, du Directoire.

Classé en chapitres différents ce travail distingue les différentes souffrances de ces prêtres persécutés pour la seule cause de vouloir veiller sur les âmes ; guillotinés, assassinés, emprisonnés, exilés, traqués. Ils ont refusé de prêter le serment pour rester fidèles au Souverain Pontife.

Attardons-nous sur la notion de "émigré" ; notion perverse permettant de sévir avec une plus ou moins grande brutalité envers des prêtres ou religieux qui ont simplement disparu des « radars » (comme on dit à notre époque) de l’administration territoriale. Ce qui permettra à certains fervents terroristes de sanctionner par l’exécution les sujets qui avaient disparu de la vue des autorités ; mais qui, pris lors d’opérations de police sont alors qualifiés « d’émigré rentré » avec la peine de mort à la clef.

La presque totalité de ces prêtres a été ordonnée par l’évêque de Saint Malo (sauf l’abbé Giquel), diocèse dont relèvent Guer, Monteneuf, Ploërmel, l’Archidiaconé du Porhoët, Saint Méen le Grand. Ces paroisses sont rattachées au diocèse de Vannes lors de la suppression, par la Constituante, de l’évêché de Saint Malo en octobre 1790.

LES PRETRES GUILLOTINES

Abbé Jean-Toussaint Hamery. Né à Guer le 23 novembre 1759, ordonné prêtre par monseigneur des Laurents évêque de Saint Malo en 1784. Arrêté à Taupont où il se cachait. Dit "émigré rentré", incarcéré à Ploërmel puis à Vannes il est guillotiné place de la liberté (actuelle place Maurice Marchais) le 22 mars 1796 avec les abbés Julien le Bècre et Pierre Le Verger, 19 jours après Pierre-René Rogue.

Abbé Joseph Pontgérard. Né et baptisé le 2 février 1747 à La Ville Jagu en Augan. Fait ses études au Séminaire de Saint Méen le Grand. Il est ordonné prêtre par Monseigneur des Laurents évêque de Saint Malo. Dit "émigré rentré" il est  guillotiné à Rennes le 11 mars 1794. Il avait 47 ans.

LES PRETRES ASSASSINES

Abbé Bertrand. Fusillé par les Bleus à l’endroit où s’élève la Croix-Bertrand.

Quatre autres prêtres sont réputés avoir été assassinés au Bas-Tréron, à la Ville Daniel, aux Cormiers et en la ville de Guer ; la mémoire n’a pas retenu leurs noms.

L’abbé Charles-René Monnerais né à Guer en 1755, ordonné prêtre le 22 septembre 1785 par  Monseigneur Antoine-Joseph des Laurents. Il est pris le 23 juillet 1794 par des soldats de Plélan : « on le fit courir pour le ″tirer comme un lapin" et l'achever à la baïonnette obligeant ensuite ses paroissiens à marcher sur son corps qu'ils furent obligés de laisser nu sur la place de Guer jusqu'à la nuit ». Il fut enfin porté en terre la nuit venue. Il avait 39 ans.

LES PRETRES VIVANT CACHES

Abbé François Bébin. Né à Guer en 1758, ordonné prêtre en 1784 par Monseigneur des Laurents, évêque de Saint Malo nommé vicaire à Monteneuf.

Abbé Pierre Denis. Né à Guer en 1725, ordonné prêtre par Monseigneur Jean-Joseph de Fogasses d'Entrechaux de La Bastie évêque de Saint Malo.

Abbé Pierre Foulon, natif de Paimpont en 1755, ordonné prêtre par Monseigneur des Laurents en 1780, il est nommé vicaire  à Monteneuf  en 1789. Abbé Jean-Baptiste Giquel (ou Gicquel). Né à Vannes le 28 octobre 1752, ordonné prêtre par Monseigneur Amelot évêque de Vannes le 20 mars .

Abbé Joseph Gourier. Né à Guer en 1758 ordonné prêtre par Monseigneur des Laurents il se tient dans sa paroisse durant la révolution. « Valet de noble mais le servant, par bêtise » !

Abbé Joseph Henrio. Né à Guer en 1757, ordonné prêtre par Monseigneur des Laurens en 1781.

Abbé Raoul Le Breton né le 25 octobre 1747 à Guer, ordonné prêtre par Monseigneur Antoine-Joseph des Laurents, évêque de Saint Malo, il est recteur de Guer puis curé en charge de la paroisse d’Augan en 1790.

Abbé Joseph Pihuit. Né à Guer en 1747, ordonné par Monseigneur des Laurents, évêque de Saint Malo, en 1775, nommé premier vicaire dans sa ville natale ; il sera nommé officier municipal puis en sera élu maire le 8 mars 1790.

Abbé Augustin Régnault né le 14 octobre 1754 à Beignon, ordonné prêtre en 1779 par Monseigneur des Laurents et nommé vicaire dans son village natal.

LES PRETRES EXILES A JERSEY

Abbé Jean Danion. Né à Guer le 5 avril 1755, ordonné prêtre en 1799 par Monseigneur des Laurents évêque de Saint Malo. Le 17 juin 1792 il est recherché comme « fanatique et perturbateur ».

Abbé Yves-Marie Olivier. Né à Guer en 1732, ordonné prêtre en 1758.

L’abbé Yves Trillard né le 1er septembre 1738 au village de La Haye en Concoret, ordonné prêtre en 1764.

PRETRE  CONDAMNE A LA DEPORTATION

Abbé Jean Henrio. Né à Guer en 1757, ordonné prêtre par Monseigneur des Laurents en 1781 il est nommé second vicaire dans sa paroisse natale. Il est arrêté en février 1798 et incarcéré ; le 10 mars, dit "émigré rentré" il est condamné à la déportation en Guyane et envoyé à Saint Martin de Ré. Embarqué sur La Vaillante, mouillée en rade d’Aix, avec 24 autres prêtres, la corvette  appareille le 6 août ; La Vaillante est capturée par les Anglais le 8 août au matin, l’équipage est débarqué et fait prisonnier à Plymouth, les prêtres sont rendus à la liberté. L’abbé Henrio reviendra à Guer lors du Concordat en avril 1802.

PRÊTRES EMPRISONNES DANS LA CITADELLE DE L’ÎLE DE RE

Abbé Jean-Baptiste Chastang. Né à Guer en 1755, ordonné prêtre en 1780 par Monseigneur des Laurents nommé prieur du village et de la chapelle de La Telhaie en Guer.

Abbé Jean-Baptiste Plantard. Né le 15 février 1760 à Guer, ordonné prêtre par Monseigneur des Laurents en 1785.

Abbé Pierre Plantard. Frère aîné du précédent, né à Guer le 12 novembre 1752 ordonné prêtre par Monseigneur des Laurents en 1777. Libéré en même temps que son frère Jean-Baptiste le 6 mars 1800 sur la présentation de certificats de la municipalité de La Trinité-Porhoët il reprend sa place comme recteur de Mohon le 25 octobre 1802. Il meurt le 30 avril 1819 âgé de 67 ans.

EMPRISONNE SUR LES PONTONS DE ROCHEFORT

Abbé Pierre HERVÉ - Né à la métairie du Breil à Porcaro en Guer, le 16 février 1762, ordonné prêtre, en juin 1787, par Monseigneur Gabriel Cortois de Pressigny, évêque de Saint Malo. Arrêté comme "émigré rentré" par les gendarmes de Malestroit et conduit à Port-Louis le 18 septembre 1793 il est embarqué pour Rochefort sur "Le Patriote",  et emprisonné sur le vaisseau, devenu ponton en raison du blocus anglais, "Les Deux­ Associés". Il meurt, âgé de 32 ans, le 25 août 1794 ; ses confrères l’enterreront dans l'île Madame. Sur les « Pontons de Rochefort » des centaines de prêtres et religieux vont «crever » (il n’y a pas d’autre terme) dans des conditions épouvantables que l’on n’envisagerait même pas pour des animaux.

Sa cause introduite auprès du Postulateur à la Cour de Rome a été rejetée comme celle des autres martyrs des « Pontons » car « il n’y a pas un mot dans un document authentique affirmant qu’ils ont accepté chrétiennement, héroïquement les tortures et la mort ».  

Cet article est développé dans La Revue N° 52 de décembre 2021 (5 pages).                                               

 

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