20 JANVIER 1801, PIERRE-MATHURIN MERCIER EST TUE

Publié le par culture

….IL Y A 220 ANS……

 Envoyé par Georges Cadoudal en mission en Angleterre, pour chercher des subsides, Pierre Mercier dit La Vendée a quitté le Morbihan le 16 janvier avec ses compagnons Picot, Philippeau, Thomas Gérard (belge), Verrin afin de se rendre en baie de Saint Brieuc prendre contact avec un navire anglais. En juin 1797 le comte d’Artois a remis à Pierre son Brevet de maréchal de camp (général de Brigade).

Ils arrivent le 19 janvier à Saint- Quay Portrieux. Pas de bateau anglais à l’horizon pour les emmener à Jersey, comme convenu. Ils décident donc de repartir, le 20 au matin,  pour le Morbihan, leur mission ayant échoué.

 Nous sommes le 20 janvier 1801. En fin de soirée ils demandèrent asile dans une maison du hameau de La Fontaine aux Anges, dans la commune de La Motte à peu de distance de Loudéac. Cette maison et ses occupants comptent parmi les plus sûrs relais établis par  les Chouans. En ces temps encore troublés on ne s’arrête pas n’importe où, seulement dans des endroits sûrs. Sinon pourquoi s'arrêter là précisément ? Il faut se souvenir que le Consul Bonaparte a fait renforcer le tissu policier en France et en Bretagne particulièrement, par tout un réseau de délateurs, grassement rémunérés pour dénoncer toute personne ou événement suspects. Par le biais des préfets, les informations remontent jusqu'au sinistre Joseph Fouché, ministre de la police.  

  

20 JANVIER 1801, PIERRE-MATHURIN MERCIER EST TUE

 

Cinq cavaliers arrivant un soir d'hiver, une surconsommation de pain, est-ce un voisin espion, est-ce le mitron qui ont dénoncé ?

Toujours est-il qu'en début de nuit, vers 10 H,  arrivèrent à la Fontaine aux Anges deux gendarmes et un officier accompagnés de douze soldats de la 71ème demi-brigade de la garnison de Loudéac.

Abrités dans le grenier d’une dépendance les Chouans, qui étaient  sur le qui-vive se battent ; Pierre Mercier la Vendée au sabre avec le gendarme Charlopin qu'il dût estourbir puisque Pierre s'enfuit. Las, sa chemise blanche est un repère et une cible dans la nuit éclairée par une légère lumière sélène. Le gendarme Périon l'ajuste, tire et le stoppe en pleine fuite.

L'autre coup de fusil sera, sans aucun doute, donné au sol. En effet, les fusils à silex de l'époque, demandaient un certain temps pour être rechargés, et un tir répété n'était pas possible. Même si Périon a récupéré le fusil de Charlopin plutôt que de recharger le sien, il n'a fait feu la seconde fois qu'à coup sûr, sur une cible immobile.

Il est 11 Heures, ce 20 janvier (30 nivôse An X), tel que le montre l'acte de décès (mairie de Loudéac).

Pierre Mercier est mort, il n’avait pas 27 ans (né le 16 juillet 1774), ses compagnons ont eu le temps de fuir. Les gendarmes récupèrent le porte-feuille contenant des papiers compromettants pour les Chouans, attachent le corps du lieutenant-général de l'armée chouanne à l'arrière d'une charrette et le traînent ainsi jusqu'à Loudéac. Ils jettent son corps sur le parvis de la chapelle Notre Dame des Vertus où il va rester durant trois jours, pour l’exemple. Une âme compatissante, Claude Carimalo, l'inhume dans le cimetière mitoyen (actuel parking).

Ce cimetière étant supprimé en 1817, ses restes seront transportés en la chapelle de l'hôpital par le même Carimalo.

En 1830, le roi anti-chouan sévissant, Pierre est exhumé à nouveau et, après diverses pérégrinations, sera caché, dans une caisse, dans le grenier de l’hôpital de Loudéac. En 1871, Georges de Cadoudal, neveu du Grand Georges, viendra le chercher pour l'inhumer dans le mausolée de Kerléano, près de son ami Georges.

Nous avons fixé une plaque commémorative, avec l’accord du Maire de La Motte Jean-Pierre Guilleret (communiste) heureux de notre initiative, sur un poteau de signalisation, le samedi 19 mars 2011 (remplaçant celle de 2001). Nous avons été aimablement reçus par monsieur Claude Le Bihan qui nous a fait visiter la remise qui servit de cache aux Chouans et dont le plancher de l’étage garde le souvenir des pas de Pierre Mercier et de ses compagnons.

Cette nouvelle plaque a disparu et la remise a vu ses murs en torchis banché remplacés par des parpaings.

 

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