POUR RELATIVISER : PROVENCE DÉCEMBRE 1720, LA PESTE TUE !

Publié le par culture

mur antipeste

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1720 il y a 300 ans exactement,

La Provence est touchée par une grave épidémie de peste dont le foyer est Marseille où ce virus a été amené par un vaisseau arrivant de Syrie, le Grand Saint Antoine. Une hypothèse récente explique que l’origine aurait pu être une résurgence de la peste noire ayant frappé l’Europe au XVème siècle. Toujours est-il qu’elle est là et en ce mois de décembre elle atteint Tarascon.

Cette épidémie est appelée peste de Marseille car son foyer de départ. Il semblerait que l’ouverture des ballots de tissus, sortis du Grand Saint Antoine (qui n’avait pas été mis en quarantaine), déclencha la libération de milliers de puces vecteurs du bacille de la peste dès le 28 juin. L’épidémie disparaîtra au début août 1722.

Le pouvoir royal, plus exactement La Régence de Philippe d’Orléans, prend des mesures coercitives énergiques assez rapidement dont la première est l’isolation entière de la Provence du reste du royaume. Une sorte de fermeture étanche des frontières, ce que n’a pas fait ou voulu faire le gouvernement 300 ans plus tard. Le port de Marseille est fermé au trafic (et le restera trente mois). Comme 300 ans plus tard les plus aisés se retirent dans leurs bastides de campagne.

Cet isolement drastique de la Provence se fait de façon physique et mentale: construction de murets entourant la zone contagieuse, bien visibles et dont la vue agit positivement sur le mental des gens et surtout la vue des archers qui, de poste en poste, assurent la garde et le respect de cette « frontière ».

Les églises restent majoritairement ouvertes, de jour comme de nuit ; les cérémonies religieuses sont assurées et les sacrements distribués, y compris aux mourants. L’Archevêque de Marseille, Monseigneur de Belsunce s’est entouré d’un « commando » de 250 prêtres et religieux pour aller visiter les malades ; des processions seront organisées et la ville de Marseille et la Provence mises sous la protection du Sacré-Cœur. Bien sûr certains chanoines préféreront aller se mettre au vert mais ils seront peu nombreux. 50 prêtres et religieux mourront de la peste, victimes de leur dévouement. Les Capucins appelèrent leurs frères à l’aide ; sur 55, 43 mourront.

Nous sommes quand même très éloignés du traitement religieux d’un autre virus (dont on ne sait pas grand chose) le Président des évêques de France m’écrivant, à la suite de mon courrier sur la fermeture des églises : « La caractéristique d’une épidémie est la contagion. Un chrétien doit pouvoir donner sa vie pour le Christ mais certes pas devenir un porteur de mort pour les autres. Chacun est responsable de tous les autres. Le Seigneur lui-même après avoir touché le lépreux, s’abstint d’entrer dans les villes et les villages (Marc 2,45). Ma critique de cette traduction fallacieuse des Évangiles n’a pas eu de réponse : « Je suis allé vérifier le verset en question dans ma Bible (Chanoine Osty, Seuil, 1973) et ai trouvé - après que Jésus ait recommandé la discrétion au lépreux sur sa guérison (parce que son heure n’était pas venue) - :"Mais lui, une fois sorti, se mit à proclamer partout la chose et à la divulguer, de sorte que [Jésus] ne pouvait plus  entrer ouvertement dans une ville, mais il se tenait en dehors dans des lieux déserts, et on venait vers lui de toute part(Mc 2-45)". C’est l’absence de discrétion du lépreux qui est la cause que Jésus évite les villes et non le fait qu’il l’ait touché ! ».

Pour en revenir à la peste en Provence le bilan sera lourd bien que limité à la seule Provence et à une partie de l’Ardèche et du Languedoc : 100 à 120 mille morts sur une population de 400 mille habitants. Le village de Simiane, dans les Bouches du Rhône perdit 200 habitants sur 600 ! 25 chirurgiens et médecins sur trente moururent rien qu’à Marseille. Sur le plan économique difficile de chiffrer car concomitamment à ce fléau le Système économique de Law (prononcer Lass) s’effondra. Le capitaine du bateau responsable de l’importation du fléau, Jean-Baptiste Chataud, fut enfermé trois ans dans le redoutable château d’If.

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