MARC MENANT ET LA FILIATION DE L'AMIRAL CHARLES D'ESTAING. CNEWS.

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MARC MENANT ET LA FILIATION DE L'AMIRAL CHARLES D'ESTAING. CNEWS.

« Il est de la filiation de l’amiral ».

C’est l’épitaphe (verbale et non sculptée) prononcée par Marc Menant à la fin de la discussion consacrée à feu Giscard sur CNEWS, dans Face à l’info, menée par Christine Kelly, jeudi 3 décembre (hier) entre 19 H et 20 H ; à 31’et 24’’ de la vidéo.

S’il est un conteur enjoué Marc Menant prend parfois des libertés avec l’Histoire ; j’ai d’ailleurs eu l’occasion sur le Blog de commenter ses « libertés » prises avec notre Georges Cadoudal ou avec Lafayette glorifié outrageusement.

Donc, hier soir, dans la filiation de l’amiral Charles Henri d’Estaing (dont nous n’évoquerons pas ici les « qualités » insignifiantes de marin par rapport à celles du glorieux comte de Grasse ou de l’amiral La Touche Tréville alors qu’il fut bien meilleur fantassin) Marc Menant entendait : Giscard dit d’Estaing.

Charles Henri d’Estaing (1729-1794) est le fils de Marie-Henriette Colbert de Maulévrier (1703-1737) et de Charles-François d’Estaing (1683-1746) qui, veuf en 1737, aura une relation avec Magdeleine Erny de Mirfond qu’il n’épouse pas ; de leur relation naîtra une fille qu’il reconnaîtra : Lucie-Madeleine d’Estaing (1743-1826). Précoce cette dernière sera la maîtresse du roi Louis XV (entre 1760 et 1764) et lui donnera deux filles qu’il reconnaîtra : Agnès-Lucie Auguste de Bourbon (1761-1822) et Aphrodite-Lucie Auguste de Bourbon (1764-1819).

De l’union de Charles-Henri, futur amiral, et de Sophie Rousselet de Crozon (1727-1792) naîtra en 1747 un fils, Théodat, qui décèdera à l'âge de 12 ans en 1759, au château de Ravel, d’une chute d’un balcon. L’amiral, pris dans la conspiration des prisons sera guillotiné le 28 avril 1794. C’est la fin de cette lignée. Mais il avait néanmoins, en 1768, fait légitimer sa demi-sœur, Lucie-Madeleine, devenue comtesse de Boisseulh, afin d’assurer la pérennité de ses biens dont son château de Ravel et celui de Estaing.

Lucie-Madeleine avait épousé en 1768 le comte de Boisseulh dont elle eut trois enfants. Elle décède en 1826. Ses enfants vendent le château de Estaing aux religieuses de Saint Joseph qui désirent en faire un couvent et un pensionnat pour jeunes-filles.

En 2000, sollicitées par la famille Giscard, les religieuses, confrontées à de lourdes difficultés financières et de mise aux normes des bâtiments, préfèrent vendre leur maison en deçà de sa valeur à la municipalité. Malgré l’accord passé avec les religieuses la mairie vend, en 2005, le bien aux Giscard qui mettent ainsi la main, après le nom, sur le château de Estaing.

MAIS… CAR IL Y A UN MAIS.

Une confusion semble entretenue entre deux Lucie-Madeleine, la demi-sœur de l’amiral d’Estaing et une autre Lucie-Madeleine Destaing (1769-1844) née au château du Buisson à Saint Babel dans le Puy de Dôme. Elle est la fille de Jean-Joachim Destaing (1711-1759) seigneur de Boissières et de Réquistat puis du Buisson. Il descendait d’un bâtard de la maison d’Estaing condamné en 1666 pour usurpation de titre nobiliaire. L’aïeul s’était engagé à ne jamais porter le nom d’Estaing, seulement Destaing. Par la suite l’Intendant d’Auvergne avait confirmé la noblesse de la famille après quelques versements au Trésor.

Lucie-Madeleine Destaing, devenue d’Estaing du Buisson épousera Guy Cousin de La Tour Fondue (1765-1846) à Saint Amant-Tallende (63). Ils auront une fille, Elise Gilberte (1790-1858) qui épousera Martial Giscard (1796-1865), origine des Giscard.

Il n'y a donc aucune filiation avec l'amiral !

Sur requête d’Edmond Giscard (père de l’ex-président), et de son frère, le Conseil d’Etat autorise, le 17 juin 1922, les Giscard à relever le nom de la trisaïeule Lucie-Madeleine d’Estaing du Buisson de La Tour Fondue afin de s’appeler Giscard d’Estaing.

Edmond occupera de lucratifs postes dans l’administration en Indochine et en Extrême-Orient (papeteries, verreries, sucreries, raffineries, Crédit Foncier d’Indochine, crédit Hypothécaire d’Indochine etc.) puis comme Président de la Société du tunnel du Mont Blanc.

Les Cincinnati furent créés après l’Indépendance des 13 Etats d’Amérique pour entretenir des liens entre les membres, officiers, des Insurgents. Les Cincinnati de France eurent pour premier Président, en 1784, l’amiral comte d’Estaing.

Pour en faire partie il faut présenter des preuves de descendance directe par primogéniture dont sont exclues les femmes. 

Malgré ses dires (deux demandes furent faites), les Giscard n’en font pas partie, et, à la lecture de ce texte, pour cause !

Il y a d’autres exemples d’accommodements : En 1852 M. Chodron fut autorisé, par Napoléon III, à ajouter à son patronyme le nom de Courcel ; en 1866 une particule s’insèrera devenant Chodron de Courcel. Une descendante épousera un certain Chirac.

Un Jean Hélie sera autorisé, par le Tribunal de Caen en juillet 1991, à ajouter le nom d’un soi-disant ancêtre qui, à cause de la persécution, n’aurait pas pu porter sa particule …. sous le Premier Empire (pourtant accélérateur de particules !) et se fait maintenant appeler François de La Harie !

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