UN EVEQUE DE COMBAT....MAIS C'ETAIT IL Y A 232 ANS

Publié le par culture

UN EVEQUE DE COMBAT....MAIS C'ETAIT IL Y A  232 ANS

Par ces temps bizarres où l’épiscopat français file doux devant les directives ministérielles sans tenir aucun compte du caractère spécifique de la religion catholique qui n’est pas fille d’un gourou mais une création du Fils de Dieu (n’ayons pas peur des mots) il est bon de rappeler la valeur de la conduite d’un évêque qui est allé jusqu’au bout de ses convictions jusqu’à en mourir.

Monseigneur Urbain de Hercé, évêque de Dol, n’est pas un modèle de béni oui-oui mais un responsable de son diocèse mais aussi Membre des Etats de Bretagne. Il n’a pas sa foi et ses convictions dans sa poche de soutane.

Natif du Maine (près de Mayenne) nommé à Dol sa première tâche sera d’apprendre le breton.

Le 3 janvier 1788 il est à Versailles pour présenter à Louis XVI le Cahier des Remontrances de Bretagne devant Loménie de Brienne (Premier) Ministre du Roi. Il présente les doléances de sa province et l’évêque prend le dessus sur  le député des États de Bretagne : « C’est ici, Sire, que se bornent les représentations que nous avions à faire  à votre Majesté en faveur de la Province dont les intérêts nous ont été confiés. Il en est de plus chers encore et de plus sacrés sur lesquels il n’est pas permis à un évêque de garder le silence lorsque les voûtes du sanctuaire s’ébranlent et que la religion est menacée du plus grand des malheurs. Une nouvelle législation nous est annoncée en faveur des Protestants […] vous répondrez, Sire devant Dieu et devant les hommes des malheurs qu’entraînera le rétablissement des Protestants. Madame Louise (fille de Louis XV, tante de Louis XVI en religion Mère Thérèse de Saint Augustin –béatification en cours) du haut du ciel où ses vertus l’ont placée voit votre conduite et la désapprouve ».

Le mécontentement se lisait sur le visage de Louis XVI ; Brienne « bouillait » de rage dans son coin. Dans son rôle de prophète Nathan Urbain de Hercé délivre son prône tel que son devoir l’y obligeait.

Le soir même le Roi faisait savoir à Monseigneur de Hercé qu’il devait rejoindre son diocèse et ne plus en sortir. Quant à Loménie de Brienne il convoqua l’évêque de Dol pour le réprimander : « De quel droit avez-vous tenu un tel langage au Roi ? » « Du droit que me confère cette croix » en lui montrant sa croix pectorale (que porte parfois l’évêque de Vannes). Puis : « Je ne sais pas, Monseigneur, quelle théologie vous avez étudiée ; pour moi j’ai étudié pendant neuf ans en Sorbonne mais jamais on ne m’a enseigné qu’un évêque, Ministre de son Roi, pouvait être protecteur des hérétiques ».

Monseigneur de Hercé, contraint à l’exil, ira se réfugier en Angleterre. Ironie de l’Histoire : le fondateur du diocèse de Dol, Saint Sanson, avait fui la persécution en Angleterre et était venu se réfugier à Dol. Son lointain successeur persécuté par les révolutionnaires fera le chemin inverse ! Il débarquera à Carnac le 27 juin 1795 pour assister les Émigrés et sera fusillé à Vannes, sur le plateau de La Garenne, le 28 juillet jour anniversaire de la mort de Saint Sanson.

Loménie de Brienne, fait cardinal à la fin de l’année 1788,  prêtera serment le 30 janvier 1791, devra renoncer à son cardinalat sur injonction de Pie VI en septembre, apostasiera le 15 novembre 1793, sera emprisonné à La Conciergerie le 18 février 1794 et sera retrouvé mort dans sa  cellule le lendemain.

Quelle comparaison avec maintenant ?

Un prélat vrai, soucieux  de ses responsabilités à l’égard des âmes qui lui sont confiées (c’est pour cela qu’il refusera de rembarquer à Port Haliguen le 20 juillet 1795) les soutenant et les assistant alors que nous avons maintenant un épiscopat qui suit, voire anticipe, les décisions gouvernementales qui fait des églises un lieu d’exclusion alors qu’elle furent toujours, pendant les grandes et vraies épidémies, un lieu d’accueil et de réconfort. Un épiscopat qui accepte que les catholiques soient privés de leur sacrement essentiel : l’Eucharistie ! Et aucun pour expliquer que jamais des miasmes viraux n’ont été transmis par la communion. J’ai assisté hier soir à cette scène incongrue d’un couple allant communier l’épouse déposant du gel hydroalcoolisé dans les mains de son mari. Je me fis cette réflexion amusée « pense–t-elle que Jésus Hostie ne s’est pas lavé ou que le célébrant a les mains sales ? ».

Et aucun prélat digne de ce nom pour donner une leçon de catéchisme aux membres pagano-maçonniques du gouvernement.

Oui, pauvre France !

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