MORT D'UN PRÊTRE, PÈRE DE FAMILLE NOMBREUSE.

Publié le par culture

MORT D'UN PRÊTRE, PÈRE DE FAMILLE NOMBREUSE.

 

L’abbé Yannick Bonnet, prêtre retiré à Carnac est décédé le 16 mars et ses obsèques ont été célébrées en l’église Saint Cornely le 20. Il sera inhumé près de sa femme dans le caveau familial de Craponne dans le département du Rhône. Ses enfants, petits enfants et arrière petits enfants ont assisté à la cérémonie de funérailles.

En effet l’abbé Yannik Bonnet a eu un parcours hors du commun. Marié, Polytechnicien, chef d’entreprise, lui et sa femme auront sept enfants. C’est après la mort de sa femme en 1995 qu’il va répondre à l’appel au sacerdoce qu’il avait déjà ressenti, tous ses enfants étant élevés.

Il sera ordonné prêtre en 1999 et se mettra à la disposition de Monseigneur Henri Brincard évêque du Puy en Velay.

En 2009 il arriva dans le Morbihan et se mit à la disposition de l’abbé Jérôme Sécher Curé de la paroisse.

Dans Breizh Info il est intéressant de lire qu’il a été enterré mardi 20 à Carnac et qu’il le sera aussi le 22 dans le Rhône ! Sacré prêtre, même après sa mort il ne fait pas tout comme tout le monde !

 

Certains se posent la question : comment se fait-il qu’un homme marié puisse accéder à la prêtrise ? Tout simplement parce que les liens du mariage sont défaits par la mort et l’Eglise lui reconnaît, par son veuvage, le célibat indispensable pour accomplir son sacerdoce.

Ainsi donc Yannick Bonnet est père, grand-père et arrière grand-père. Mais il y a mieux !

 

Il y a eu un cas célèbre dans l’Ouest, plus précisément celui de Monseigneur Jean-François de Hercé, neveu du Grand évêque que fut son oncle Urbain-René, dernier évêque de Dol, martyr de la Foi fusillé par les républicains le 28 juillet 1795 à Vannes (vitrail en illustration).

Jean-François de Hercé, qui aurait du faire partie du deuxième convoi débarquant à la pointe de Quiberon avec Sombreuil – le premier débarquement avec Puisaye et Hervilly ayant eu lieu à Carnac -  avait été mis sur le troisième convoi qui fit demi-tour lorsque fut annoncé l’échec de l’opération. Il fut ainsi sauvé in extremis d’une fin funeste. Il se destina au sacerdoce mais sa maman s’y opposa son rôle étant de se marier.

Obéissant il épouse Marie de Bellegarde en 1804. Elle a 23 ans et lui 28. Ils se sont installés à Saint Ouen des Vallons (à 28 Km au nord-ouest de Laval). Une fille naît le 18 janvier 1806, Marie-Cécile. Le couple est apprécié dans le village dont il est rapidement élu maire.

Ce sera ensuite une résidence à Laval dont il est nommé maire par Décret de Napoléon le 20 février 1814 ; il le restera jusqu’en octobre 1829 faisant le bonheur de ses administrés par des constructions toujours présentes actuellement : Pont neuf, Hôtel de ville, place de Hercé, le théâtre, place de la préfecture, maison des Frères des Ecoles chrétiennes….

Madame de Hercé décède en décembre 1820 ; leur fille Marie-Cécile a 14 ans. Père attentionné Jean-François de Hercé l’élève au mieux ; le 7 septembre 1825, âgée de 19 ans elle épouse Guillaume d’Ozouville auquel elle donnera 7 enfants.

Jean-François de Hercé est veuf, sa fille chérie est élevée et, mieux, mariée ; il se retrouve donc célibataire. Or l’idée du sacerdoce l’habite toujours. En parle t-il à son évêque du Mans (il n’y a pas d’évêché à Laval) Monseigneur Claude-Madeleine de La Myre-Mory ? Toujours est-il que Jean-François de Hercé, après avoir démissionné de son poste de Maire de Laval entre au Petit séminaire de Malestroit puis au Grand séminaire de Rennes où il est ordonné prêtre, à l’âge de 54 ans, par Monseigneur Claude-Louis de Lesquen, un saint homme.

Il est nommé Curé de Laval le 20 février 1831 et cinq ans plus tard l’évêque de Nantes Monseigneur Joseph-Michel de Guérines le demande comme coadjuteur ; il est sacré en la cathédrale de Nantes le 17 avril 1836. Au décès de Monseigneur de Guérines le 12 mai 1838 il est titulaire du siège épiscopal.

Il se dépense sans compter pour son diocèse qu’il parcourt à pied ou à cheval visitant toutes ses paroisses, qu’il pleuve ou qu’il vente ; il réorganise la gestion des paroisses, crée une caisse de retraite pour les prêtres, fonde le collège Saint Stanislas, trois établissements des Frères des Ecoles chrétiennes, réalise la construction du chœur de la cathédrale abandonnée depuis des siècles, confesse y compris les marins et étrangers de passage (il parle plusieurs langues) etc.

Epuisé il donne sa démission du siège épiscopal le 29 novembre 1848 et meurt le 31 janvier 1849 ; après ses obsèques solennelles célébrées par son successeur Monseigneur Jaquemet il est inhumé dans la crypte des évêques de la cathédrale de Nantes.

Une nombreuse descendance de la famille issue de sa fille peut parler de son arrière-arrière grand-père, évêque catholique !

Comme le dit sa biographe de petite-fille François de Hercé fut père, maire* et évêque !

*phonétiquement mère.

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