MERCREDI 28 NOVEMBRE 1906 à NANTES : LES BLEUS ATTAQUENT A NOUVEAU !!!

Publié le par culture

Hier 27 novembre 1906 ce sont les églises Cathédrale (et l'évêché), Saint Clément, Saint Donatien, Saint Nicolas, Saint Similien, Sainte Croix, Sainte Madeleine (détruite en 1950 et remplacée par une autre en 1954) et les presbytères afférents qui ont été visités par la soldatesque au service du pouvoir anticlérical de l'époque. Pas moins de six à sept mille hommes (policiers, gendarmes, soldats de l'infanterie) renforcés par huit cents gendarmes à cheval !

Aujourd'hui, mercredi 28 novembre,  c'est le tour de l'église Sainte Anne, là haut sur sa butte, dominant le port de Nantes et plus précisément l'endroit du port où furent entassés, dans une sapine, les prêtres destinés à la Noyade, 113 ans et 11 jours plus tôt, ouvrant la longue série de noyades, fusillades (en particulier dans les carrières de Miséry situées juste en bas de Saint Anne.

La meute est dirigée par le Préfet Huard ("le dictateur" d'après l'écrivain Athanase Ollivier) secondé par le Commissaire de police à la Sûreté parisien Célestin Hennion (futur Chef de la Sûreté  générale, en janvier 1907, et lointain successeur de Vidocq). De lui nous avons cette description que fera plus tard Léon Daudet : Hennion la boue, l'abject mouchard, cireur de bottes, Préfet de la coulisse juive, le flibustier à tout faire du radicalisme, noceur crapuleux, provocateur, homme d'argent et sans scrupule, peureux et incapable, la "chose" de Combes et Clémenceau, vendu et gibier de bagne etc. Pas très flatteur tout ça !

Il est 5 heures et demi et 500 hommes cernent l'église à l'intérieur de laquelle se sont enfermés, dans la sacristie Est, le Curé Ollivier, ses deux vicaires, le Conseil de fabrique et des jeunes du patronage. Les sommations sont faites, sans résultat ; alors la troupe attaque la porte à la hache, le bois vole en éclat les serrures tombent mais soutenue par une barre en fer transversale la porte résiste. Les attaquants vont s'introduire par le trou réalisé.

Hennion s'adresse à l'abbé Ollivier : "Etes-vous le Curé de Sainte Anne ?" "C'est moi" "Voulez-vous m'aider à faire l'inventaire ?" "Je ferai ce que je voudrai, je suis ici chez moi"  "Alors à la porte !" Saisissant le Curé par le bras il le livre à la troupe qui le jette dehors ; le prêtre glisse et tombe sur les marches en granite que sa tête vient heurter durement. Un policier le relève et le rejette brutalement contre le mur sous les cris de "A bas le calotin !"

Dans la sacristie les 22 civils présents sont molestés : coups de poings, de pieds dans les reins, dans le ventre. Les deux vicaires refusent de sortir afin de participer à l'inventaire des biens dont la précédente tentative d'invasion, en février (1906), avait été un échec, le Curé Ollivier disant aux investigateurs : "si les murs de cet édifice nous ont été donnés par la commune de Nantes, depuis soixante ans dallage, voûte, clocher, cloches, ornementation et mobilier sont l'oeuvre exclusive des paroissiens ; l'Etat n'a rien à revendiquer c'est donc ici la maison commune et le patrimoine inviolable des fidèles de Sainte Anne !"

On compte les surplis, les nappes d'autel, les aubes, les ornements, les statues, les tableaux, les confessionnaux, les chaises, les lustres, l'orgue ; l'opération a duré une heure et demi - assaut compris - signalée à tout le voisinage par la sonnerie des cloches.

Le bilan est surtout celui de profanations de lieux de culte comme cela se passera dans de multiples endroits de Loire-Inférieure, d'Ille et Vilaine, du Morbihan surtout et en Vendée mais aussi en Auvergne et Lozère. C'était il y a 110 ans et 110 ans aussi après les persécutions religieuses de la révolution. Cela fait partie des valeurs de la république !!!

MERCREDI 28 NOVEMBRE 1906 à NANTES : LES BLEUS ATTAQUENT A NOUVEAU !!!
MERCREDI 28 NOVEMBRE 1906 à NANTES : LES BLEUS ATTAQUENT A NOUVEAU !!!
MERCREDI 28 NOVEMBRE 1906 à NANTES : LES BLEUS ATTAQUENT A NOUVEAU !!!
MERCREDI 28 NOVEMBRE 1906 à NANTES : LES BLEUS ATTAQUENT A NOUVEAU !!!