IL Y A TROIS ANS, A PALMYRE...PARDON à GESTé.....

Publié le par culture

Après une première campagne de démolition le 20 juin, malgré les interdictions de la DRAC, du Tribunal Administratif de Nantes et du Conseil d'Etat, le maire de l'époque décide de persister dans la destruction d'un élément du patrimoine dont il est, normalement par sa fonction d'élu, le protecteur. C'est ainsi qu'à Gesté (Maine et Loire) malgré une réunion de protestation sur le site de l'église, dimanche 25 août 2013, réunissant une dizaine de personnes à l'appel du Souvenir Chouan de Bretagne (certains protestataires des jours suivants organisaient des réunions dans d'autres endroits alors qu'ils auraient pu être là !) le maire de la commune, Léger, chaussait les bottes d'Etienne Cordelier et accomplissait la totalité de l'ouvrage que le terroriste de février 1794 n'avait pas accompli : la destruction totale de l'église de la commune dont il était l'élu.

Sur le site Facebouc de La Ville de Beaupreau en Mauges (qui est le nouveau nom d'une dizaine de commune des Mauges dont Gesté) "on" évoque pudiquement "la destruction par un incendie en 1794" de l'église de Gesté : Court-circuit ? Briquet à essence mal éteint ? Poêle à mazout qui prend feu ? Chaudière à gaz défectueuse ?

NANTES 1796 : Un cas similaire de destruction sur décision d'un élu a pu être heureusement évité le 2 juillet. Un furieux, Conseiller municipal, le citoyen Fleury aîné, avait lancé le 27 juin une pétition demandant la démolition de la Cathédrale de Nantes afin d'y faire passer une voie qui irait de la maison du département (actuelle Préfecture) au château. Julien Groleau, Ingénieur en Chef des Ponts et chaussées intervint devant l'assemblée des Administrateurs du département en défendant la cathédrale non pas en tant qu'édifice religieux mais comme monument emblématique de la ville qui, par la présence de ses tours, véritables observatoires, avaient permis de surveiller la tentative des Mainiaux et Vendéens le 29 juin 1793 : "Citoyens administrateurs, Le C. Fleury aîné expose par sa pétition du 9 de ce mois, pour lui et ses associés, le désir d'enquérir l'église de la ci-devant Cathédrale de Nantes pour la démolir, étant disposé à faire les sacrifices nécessaires pour la régularité de la rue projetée du département au château. L'édifice de la ci-devant Cathédrale ayant toujours été regardé comme le principal monument de décoration de la ville, qu'il annonce de très-loin ; en conséquence il ne peut gêner les communications projetées qui sont les seules nécessaires ; car celle annoncée dans la pétition du citoyen Fleury, pour la continuation de la rue du département jusqu'au château, ne serait d'aucune utilité, n'ayant point d'issue, soit pour se rendre à la rivière, soit pour entrer au château, puisqu'elle arriverait au milieu de la rue Brutus (actuelle rue Prémion). L'édifice de la ci-devant Cathédrale étant un monument qui ne peut qu'embellir la ville de Nantes sans nuire à ses communications ; n'étant point caduc, ayant des tours assez élevées pour procurer la vue entière de l'horizon et conséquemment les moyens de faire des observations astronomiques et planisphères que l'École centrale exigera pour l'instruction ; un observatoire dont l'utilité dans cette guerre a été reconnue étant déjà fait sur l'une ses dites tours, ce que l'on ne pourrait faire ailleurs qu'au moyen de dépenses énormes : l'administration jugera sans doute qu'il doit être conservé. D'ailleurs en démolissant cet édifice on détruirait une partie des bâtiments du ci-devant évêché, destiné pour l'administration du département, et il faudrait beaucoup de temps pour la réparer, attendu que la dite démolition serait longue à faire. Ne pourrait-on pas tirer parti de l'intérieur soit pour casernes, manufactures, ateliers, ou autre objet public ? D'après toutes ces considérations, je crois que la destruction de cet édifice serait plus préjudiciable qu'avantageuse à la Nation".

Grâce à Julien Groleau la Cathédrale de Nantes fut sauvée.

A Gesté la construction d'un lieu de culte va être entreprise. Avant cela des fouilles ont eut lieu du 11 mai au 3 août de cette année. Réalisées par le Bureau d'études Eveha elles ont permis de découvrir 289 sépultures du XIème au XIXème siècle, et des vestiges de sépultures encore plus anciennes  (VIème). Il est intéressant de noter, comme je l'ai constaté, qu'un grand nombre de ces sépultures est directement taillé dans le sous-sol rocheux (schiste). Des traces d'une précédente église datant du XIème ont été observées ainsi que des traces de dépôts charbonneux correspondant à l'incendie (par mégarde ?) de février 1794. Cinq moules à cloche ont aussi été dégagés, taillés pour partie dans le sous-sol rocheux. Emouvant cliché que celui réalisé par Eveha d'une personne qui a toujours son anneau de mariage à l'annulaire gauche et à laquelle on avait mis autour de ses mains son chapelet dont nous voyons les grains.

IL Y A TROIS ANS, A PALMYRE...PARDON à GESTé.....
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IL Y A TROIS ANS, A PALMYRE...PARDON à GESTé.....

La boîte de camembert (en bois et en forme de colonne tronquée maçonnique) qui va être construite sur l'emplacement de l'Oeuvre Néogothique inspirée de l'architecte Alfred Tessier est estimée à 1.500.000 € (attendons la fin de la construction !). Il faut ajouter les frais du Bureau Eveha pour les fouilles, la démolition de l'église Saint Pierre aux Liens et autres "menues" dépenses. Léger, l'ancien maire, avait déclaré que la restauration de l'église du XIXème aurait coûté Trois Millions d'€, chiffre "balancé" sans aucune référence. Pour l'église de Plounérin (22) "on" avait "balancé" 1.300.000 ; le coût réel pour la commune est en réalité de 200 mille €. Et l'église est déjà ré ouverte au culte. Il est certain, mais on ne le saura jamais, qu'avec deux cent mille € des travaux considérables auraient été réalisés sur l'église de Gesté. D'autre part l'association du Patrimoine Gestois avait proposé de faire une collecte de dons, ce qui avait été refusé par Léger-Cordelier et autres Crouzat de la municipalité. Sans aucune honte le nouveau maire, Chauviré, va faire un appel aux dons !

Les trois piliers conservés et qui, vus du ciel, semblaient lancer une signature maçonnique (les fameux trois points) ont disparu. Ils  empêchaient la bonne étanchéité du nouveau projet. Par contre, bizarrement, il reste un tronçon de colonnade du transept droit ! Et ce malheureux clocher, orphelin de son église.

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