PONT de BUIS, 17 JUIN 1795...

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17 JUIN. A Pont de Buis existe une poudrerie créée par Jean-Baptiste Colbert (le fils du Grand Colbert) en novembre 1687, entrée en production en 1688 sous les ordres de l’Intendant de marine Desclouzeaux. A proximité du port de guerre de Brest, près d’une rivière dont le courant permet d’alimenter une chute d’eau et de faire tourner les roues des quatre moulins dont les meules broient le charbon de bois et le soufre nécessaires à la fabrication de la poudre. Autre atout de ce site, la proximité immédiate de la forêt riche en bourdaine et aulne, arbres dont l’écorce et le bois une fois séchés puis transformés en charbon de bois, enfin broyés, permet d’obtenir une poudre composant à 25% la poudre noire. Un embarcadère est situé sur la rivière voisine permettant de livrer directement le port de Brest.

Or, les Chouans ont besoin de poudre pour leurs fusils et leurs deux ou trois canons. Pourquoi ne pas se servir directement chez le producteur ?

Le 17 juin Pierre du Chélas est à l'attaque de la poudrerie du Pont-de-Buis.

L’opération est placée sous le commandement de Jean-Baptiste-Paul-Marie de Lantivy de Kerveno.

600 hommes furent choisis pour mener cette attaque dont ceux de Pierre du Chélas. Le rassemblement des paroisses eu lieu à Guern et toute la troupe se dirigea à pied vers Pont-De-Buis sans être repérée par les Républicains. L'administration républicaine finit par être prévenue du mouvement de cette troupe ; 93 soldats partirent pour Guern afin de se renseigner auprès du prêtre jureur. Mais les Chouans l'avaient abattu pour qu'il ne les dénonce pas et quand les "Bleus" arrivèrent ils ne trouvèrent que son cadavre dans le presbytère. A la poudrerie, le commissaire Campourcy avait décidé de faire évacuer la poudre vers Brest mais lorsque qu'il voulut la faire partir vers 1 heure de l'après-midi, la poudrerie était déjà encerclée et les Chouans prirent le dépôt défendu par quelques invalides.

Vers 4 heures, les attaquants repartirent par petits groupes, leur butin caché dans des charrettes sous des amas de foin. Les cavaliers "bleus" qui patrouillaient pour arrêter une troupe en marche avec de la poudre ne songèrent pas à arrêter ces charrettes isolées dont la première portait une fille du pays.

Les divisions de Lantivy, de Kerveno et de du Chélas se retrouvèrent à Langoëlan où se fit le partage. Pierre du Chélas et ses hommes cachèrent leur dotation de poudre derrière la boiserie du chœur de l'église du hameau du Merzer, à mi-chemin entre le Rest et Langoëlan. Peu de temps après, une patrouille de soldats républicains établit son bivouac dans la même église et manquèrent d'y faire tout sauter en faisant du feu.

Dix jours après le succès de Pont-de-Buis se déroule le débarquement de Carnac qui fut une réussite. On peut supposer que Du Chélas participa à la manœuvre qu'accomplit l'armée royaliste de l'Ouest pour isoler la baie de Quiberon et permettre le débarquement, étant donnée l'importance de sa division.

Plus dans La Revue de juin 2016 du Souvenir Chouan de Bretagne.