MONSEIGNEUR DARBOY EST TUE, IL Y A 145 ANS, 24 MAI 1871

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MONSEIGNEUR DARBOY EST TUE,  IL Y A 145 ANS,  24 MAI 1871MONSEIGNEUR DARBOY EST TUE,  IL Y A 145 ANS,  24 MAI 1871MONSEIGNEUR DARBOY EST TUE,  IL Y A 145 ANS,  24 MAI 1871

Le 24 mai, l'Archevêque de Paris, Monseigneur Georges Darboy, âgé de 57 ans, ancien aumônier de Napoléon III, retenu comme otage depuis le 4 avril, est extrait de la cellule N° 23 de la prison de La Grande Roquette où il est détenu ; son compagnon de cellule est le séminariste Paul Seigneret qui sera exécuté le 26 mai à l’âge de 26 ans. L’Archevêque de Paris avait refusé de quitter Paris pour se réfugier à Versailles.

Le 4 décembre 1868, Mgr Darboy avait eu un entretien avec Maximin Giraud, un des voyants de La Salette, auquel il avait fait part de son scepticisme par rapport à la réalité de l’apparition de la Sainte Vierge. Maximin lui avait prédit : « il est aussi vrai que la Sainte Vierge m'est apparue et qu'elle m'a parlé, qu'il est vrai qu'en 1871 Paris sera brûlé par la canaille ».

Arrêté sur l'ordre de la Commune de Paris, l’Archevêque de Paris avait d’abord été enfermé à la prison de Mazas. Tous les efforts de ses amis pour l'échanger (ainsi que 73 autres otages dont un grand nombre de prêtres) contre Louis-Auguste Blanqui, éternel révolutionnaire détenu à la prison de Morlaix, seront vains. Cet échange sera refusé par Adolphe Thiers et ses versaillais. Ainsi s’accomplira la prophétie, faite le 4 décembre 1868 par Maximin à Monseigneur Darboy, racontée par lui à ceux qui voulaient le faire libérer : « C'est inutile, Maximin m'a dit que je serais fusillé ».

Monseigneur Darboy, le chanoine Gaspard Deguerry (73 ans), curé de La Madeleine, l'abbé Michel Allard (54 ans) aumônier des ambulances, les Pères jésuites Léon Ducoudray (44 ans) et Alexis Clerc (51 ans), le magistrat Louis-Bernard Bonjean (67 ans), premier Président - à titre provisoire - de la Chambre de Cassation sont fusillés alors que 20 H venaient de sonner. Leurs corps sont jetés dans une fosse commune au cimetière du Père Lachaise.

A la chute de la Commune, le 28 mai 1871, la fosse commune est trouvée, leurs corps sont exhumés.

Monseigneur Darboy recevra, le 7 juin, des obsèques nationales ; il repose dans la cathédrale Notre Dame de Paris, dans le déambulatoire sud près de l'autel du Saint Sacrement, à proximité des tombeaux de Monseigneur Affre tué sur une barricade en juin 1848 en tentant d'amener le calme, et de Monseigneur Sibour assassiné par un prêtre devenu fou, en 1857. (3 archevêques en 23 ans !).

Les quatre autres prêtres sont eux-aussi associés à ces obsèques solennelles. Puis le chanoine Gaspard Deguerry sera inhumé dans le chœur de l'église de La Madeleine. L’abbé Allard sera inhumé au cimetière Montparnasse puis ramené dans sa ville natale d’Andrezé (49) où il reçut des obsèques solennelles le 13 janvier 1872. Ses restes ont été transférés dans le cimetière actuel en 1900. Une procédure en béatification ayant été envisagée, son tombeau fut ouvert en 1959 ; on constata que son crâne avait été fracassé après l’exécution mais sa barbe à laquelle il tenait tant était toujours là. Les Pères jésuites Léon Ducoudray et Alexis Clerc seront inhumés dans l’église des Jésuites au 35 rue de Sèvres.

La cellule dans laquelle a été emprisonné l’Archevêque fut reconstruite dans la crypte de la chapelle du séminaire de Saint-Sulpice à Issy les Moulineaux, lors de la démolition de la prison de La Roquette en 1900, ainsi que le mur devant lequel eurent lieu les exécutions.

Monseigneur Georges Darboy, de tendance plutôt gallicane –Eglise de France autonome par rapport au Pape –, anti Ultramontains – Primauté du Pape sur le système politique -, aurait-il, 80 ans plus tôt, été un prélat constitutionnel ? Le temps ne lui a guère été laissé pour juger de cela car, s’il avait été, au Concile Vatican I, le fer de lance des Prélats rebelles au Dogme de l’Infaillibilité pontificale, pour des raisons politiques et non théologiques, il ne participa pas au vote de juillet 1870. Mais il fit amende honorable le 2 mars 1871, dans un courrier envoyé au Pape Pie IX il exprima son adhésion pleine et entière à toutes les décisions du Concile y compris celles concernant le Dogme de l’Infaillibilité pontificale. Il manifestait ainsi son obéissance au Pape et à l’Eglise Universelle.

 

MONSEIGNEUR DARBOY EST TUE,  IL Y A 145 ANS,  24 MAI 1871