MASSACRES DE CATHOLIQUES, 26 MAI 1871.

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MASSACRES DE CATHOLIQUES, 26 MAI 1871.

A BELLEVILLE, en ce 26 mai 1871, les communards continuent leurs assassinats commencés le 24 mai.

Le 19 mai, les Fédérés ont pris en otage les Dominicains du collège Albert-Legrand d’Arcueil devenu, le temps de cette guerre civile, une ambulance neutre protégée par l’emblème de la Croix Rouge (créée par Henri Dunant à Genève en 1864). Les Fédérés (soldats de la Commune) sont commandés par le colonel Sérizier (ancien corroyeur !). Ils ont pris prétexte d’un incendie déclaré dans une maison voisine pour accuser le personnel du collège-ambulance d’avoir voulu faire des signaux aux versaillais. Les religieuses dominicaines et les femmes de service furent envoyées en prison à La Conciergerie. Les Fédérés, dirigent sur la prison de Bicêtre 26 personnes, Pères dominicains, du personnel enseignant, des élèves.

Le 25 mai les Fédérés évacuent leurs prisonniers de Bicêtre vers Paris pour bien les placer sous la "protection" des Communards. Par la Porte de Choisy, boulevard Masséna, le cortège arrive rue du Château des Rentiers. La foule, menaçante, composée des descendantes des "tricoteuses " et autres mégères (on imagine aisément la scène) entoure le cortège, des cris fusent: «A mort, à mort les calotins, à bas les Dominicains. A la lanterne, les Jésuites !! »

Vers 16 H ils sont interpellés dans leur geôle: "Allons, soutanes, levez-vous; on va vous conduire à la barricade: il y a là-bas de l'ouvrage pour vous." Le Père Captier et le Père Cotraut demandent de quoi il retourne " On va vous donner des fusils, et vous vous battrez avec nous". Le Père Cotraut refuse "nous sommes religieux, nous ne prendrons pas les armes. Mais nous sommes disposés à aller chercher vos morts, et à soigner vos blessés sous les balles".

Traqués, les Versaillais se rapprochant, la situation se détériore pour les Fédérés dont le colonel Sérizier et son adjoint Boin se "dopent" à l'alcool.

Enfin Boin aux otages : «Allons les calotins, sortez tous, le colonel vous demande. Avancez! Sortez un par un, vous êtes libres ».

Les prisonniers aperçoivent le peloton d'exécution. Le Père Cotraut lève le bras "Mon Dieu, est-ce possible ?".Sérizier ordonne le feu. Le Père Captier se tourne vers ses compagnons "Allons, mes Amis, pour le Bon Dieu", et il s'élance.

Parce qu'il bougeait encore, un dominicain reçut trente et un coups de fusil, Sérizier criant: «Tirez mais tirez donc, ce gueux là grouille encore ! ». Tous les prisonniers sont tirés comme des lapins.

13 victimes: 5 Pères Dominicains et 8 laïcs (1 professeur, 1 commis d'économat (22 ans) 2 surveillants, 1 infirmier, 3 domestiques).

Des neuf bourreaux, seuls Sérizier et Boin seront fusillés

Le 26 mai. Au 85 rue François Nicolas Benoît Haxo, Cinquante deux personnes sont exécutées par les Fédérés (communards) sans l'ombre d'un jugement.Parmi eux, 10 prêtres, 39 gendarmes ou Gardes Républicains, 1 tailleur de pierre, 2 ébénistes. Enfermés à La Grande Roquette, ils en avaient été extraits sur décision de l’adjoint du colonel des Fédérés, Emile Boin, après qu'il eut obtenu un ordre écrit des Communards de la mairie de Belleville.

La décision de la fusillade fut prise, par délibération, dans la maison surnommée depuis la villa des otages, au 85 de la rue Haxo, par les fédérés. Cette maison était le siège du deuxième secteur de la Commune. Le communard Varlin essaya, sans résultat, de s'opposer à cette exécution. Le signal du massacre fut donné par une jeune fille, cantinière à la Garde Nationale (fédérés) en tirant dans la tête du Père Planchat, aumônier et fondateur du patronage de Charonne. Puis elle se jeta sur le cadavre du Père Tuffier et essaya de lui arracher la langue.

Les Pères jésuites Pierre Olivaint (55 ans), Jean Caubert (60 ans), Anatole de Bengy (47 ans), après leur exhumation de la fosse commune seront inhumés dans l’église des Jésuites 35 rue de Sèvre, les Pères de Picpus Ladislas Radigue (48 ans), Polycarpe Tuffier (64 ans), Marcellin Rouchouze (61 ans), Frézal Tardieu (57 ans) dans le cimetière de Picpus ; le Père Mathieu-Henri Planchat (48 ans), de Saint Vincent de Paul repose à Notre Dame de Lorette ainsi que l'abbé Jean-Marie Sabattier (51 ans) vicaire à N.D. de Lorette, l'abbé Paul Seigneret (26 ans) séminariste de Saint-Sulpice est inhumé dans la crypte du Séminaire d’Issy les Moulineaux.

François Nicolas Benoît Haxo, dont cette rue porte le nom, est le neveu du général Nicolas Haxo qui opéra en Vendée en 1793 – 1794, reprit l'île de Noirmoutier aux combattants vendéens en janvier 1794 et répondit favorablement aux offres de reddition contre vie sauve, mais les Représentants en mission – Prieur de la Marne et Bourbotte – ne tinrent aucun compte de cette promesse d’Haxo et les vendéens furent massacrés (plus de 2.000 personnes).

Il ne faut pas oublier que cette guerre franco-française ne fut qu’une guerre entre républicains, une reprise de 1793 entre Girondins et Montagnards ; les Montagnards n’ont pas gagné, cette fois. Le parti frère s'est "fendu" d'une plaque en hommage aux assassins. Et les victimes ?

MASSACRES DE CATHOLIQUES, 26 MAI 1871.