12 H 30 A LA CHABOTTERIE, MERCREDI SAINT 1796, François Athanase CHARETTE de LA CONTRIE

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12 H 30 A LA CHABOTTERIE, MERCREDI SAINT 1796, François Athanase CHARETTE de LA CONTRIE

Pour le Chevalier courageux, c'est le début du calvaire, en pleine Semaine Sainte. Après une nuit peu reposante à la ferme de La Pellerinière où l'on a essayé de panser les blessures de la veille, en particulier cette douleur à l'épaule gauche qui le fait souffrir terriblement il a fallu repartir de bonne heure ce matin. En zigzagant afin d'éviter l'encerclement par les Bleus qui se resserrent comme pour l'hallali. Parti avec 45 hommes les effectifs baissent au fur et à mesure des assauts des 400 cavaliers et des 80 fantassins du général Travot.

On approche des bois de La Chabotterie et derrière il y a le bois des Esssarts et encore derrière le refuge dans la forêt de Grasla, l'impénétrable Grasla. Depuis le matin, sous une pluie froide et désespérante qui pénétre les vêtements et ravive les blessures, ils sont encore quelques uns, fidèles jusqu'au bout et malgré tout, qui entourent leur général, fidèles malgré les trahisons, les abandons, les viles traîtrises, qui glissent dans la boue, essaient de courir avec des vêtements et des chaussures alourdis par cette glaise qui colle.

Un échalier qui barre le chemin et qu'il faut sauter, puis un second avant de revenir en arrière les Bleus étant là ; nouveaux coups de feu, Bossard qui tirait son général à l'abri est tué net, Samuel de l'Espinay le remplace pour mettre à l'abri Charette inconscient mais lui aussi est tué puis c'est au tour du fidèle Pfeiffer qui a tenté de se faire passer pour lui.

Reprenant conscience, Charette aperçoit le pistolet de l'Espinay et tend la main gauche pour le prendre ; le capitaine Vergès d'un coup de sabre lui tranche le pouce, l'index et le majeur. On ne sait pas trop qui est cet homme couvert de boue dont le visage est couvert de sang par une blessure au cuir chevelu. Travot arrive et Charette, à sa question, répond:" Oui, c'est bien moi, foi de Charette". "Que d'énergie perdue" "Rien ne se perd jamais !"

Il est emmené sur un brancard bricolé avec quelques branches, emmené à La Chabotterie toute proche et allongé sur la table de la cuisine pour être pansé.

LA FIN D'UNE GRANDE AVENTURE.

12 H 30 A LA CHABOTTERIE, MERCREDI SAINT 1796, François Athanase CHARETTE de LA CONTRIE