UN FAIT D'HISTOIRE OUBLIE : La Consulaire à Brest...

Publié le par culture

UN FAIT D'HISTOIRE OUBLIE : La Consulaire à Brest...

La Consulaire : C’est un canon long de 7 mètres, pesant 12 tonnes, de calibre 10 pouces, (1 pouce = 22mm) et d’une portée de 4 872 mètres, qui aurait été fabriqué à Alger pour les fortifications de la ville en 1542.

Il fut appelé Baba Merzoug par les barbaresques d’Alger après qu’il eut été utilisé pour exécuter le Père lazariste Jean Le Vacher (né à Ecouen le 15 mars 1619), alors Consul général du Royaume de France auprès du Dey d’Alger, le 28 juillet 1683.

Ce prêtre avait été envoyé, par (le futur saint) Vincent de Paul à Tunis en 1647 afin de négocier la libération d’esclaves chrétiens (pour la plupart capturés sur les côtes de France). En 1668 il est envoyé à Alger, sans aucun doute pour la même mission ; il est nommé par Louis XIV, en 1676, Consul de France.

Toujours pour la libération des esclaves chrétiens, Duquesne vient bombarder Alger en juin 1683. Une trêve est négociée permettant quelques libérations ; rompue par les barbaresques le conflit reprend. Le Consul de France est pris comme otage ainsi que 20 esclaves chrétiens et 16 marins français capturés. Ils sont exécutés après avoir été enfournés dans le canon chargé et envoyés contre l’escadre française.

Même si le canon fait 25 cm environ de diamètre il semble difficile que ces malheureux aient pu y être introduits à moins d’utiliser des méthodes de barbares ayant donné leur nom à la contrée. Il semble plutôt que les malheureuses victimes ont été attachées à la bouche des canons ; c’est une hypothèse car la gravure jointe est explicite (Fouché pratiquera ce genre d’exécution après le soulèvement de Lyon en novembre-décembre 1793).

C’est après cet assassinat que le canon sera appelé Baba Merzoug par les barbaresques, c’est à dire Père chanceux ou Père fortuné. Ce canon fut utilisé de la même façon pour 42 chrétiens le 29 juin 1688.

Le fanatisme n'a pas attendu le XXIème siècle pour s'exprimer. Par contre il faut attendre le XXIème siècle pour apprendre que l'évêque de Saint Denis a donné des directives pour que soient réalisés, pour les catholiques,  des cycles d'information sur l'Islam. Du moment qu'il ne favorise pas la conversion à la religion mahométane ! Voilà un diocèse où faire l'économie du Denier de l'Eglise !

Lors de l’expédition menée en juin 1830, sur les ordres de Charles X, par le général Louis Auguste de Bourmont, qui fut Chouan dans le Maine, dont le but est la prise d’Alger,  le canon est récupéré par l’amiral Duperré, brestois de naissance connaissant l’histoire de cette pièce d’artillerie, qu'il ramène à Brest.

Appelé « La Consulaire » le canon est dressé à l’Arsenal de Brest, le 27 juillet 1833, 150 ans après les assassinats, sur un socle en granit. Il est surmonté d’un coq ; une croix eut été de meilleur goût en hommage aux martyrs chrétiens.

La plaque en bronze rappelant cette histoire n’est pas du bronze dont tintent clairement les cloches car il y a un couac : le 27 juillet Charles X est toujours Roi de France : il n’abdiquera que le 2 août au profit de son petit-fils le jeune comte de Chambord, confiant la régence à Louis-Philippe, clause du contrat qu’oubliera de préciser le roi des français en annonçant l’abdication de son cousin. L’absence du nom de Charles X montre que cette plaque a été fondue plus tardivement que l’érection du monument, puisqu’est précisé : Louis-Philippe régnant. Il aurait de plus été honnête de mentionner le nom du vrai responsable de la réussite de l’expédition à Alger !

Encore merci Pierre pour les clichés.

UN FAIT D'HISTOIRE OUBLIE : La Consulaire à Brest...
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