LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ : 1795, FIN D'UNE SCANDALEUSE DÉTENTION ARBITRAIRE...

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LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ : 1795, FIN D'UNE SCANDALEUSE DÉTENTION ARBITRAIRE...

Samedi 19 décembre 1795.

Marie-Thérèse Charlotte, seule survivante de la famille Royale est enfin libérée après 1224 jours d’emprisonnement en la prison du Temple( 13 août 1792 - 19 décembre 1795).

Innocente, ainsi que son frère, sa tante, sa mère la Reine Marie Antoinette, de toute responsabilité politique, emprisonnée pour ce qu’elle est, la fille du Roi Louis XVI, dans des conditions scandaleuses (qui font partie des « Valeurs de la République chères à nos hommes politiques) – conditions qui entraîneraient des révoltes dans nos prisons actuelles – elle est l’objet d’un échange en ce samedi 19 décembre 1795, il y a 220 ans.

Après l’exécution de Robespierre le 28 juillet 1794, elle reçoit la visite de Barras (le futur ordonnateur des mitraillades de l’église Saint Roch par Bonaparte) qui tente d’adoucir les conditions de détention des enfants Capet comme les appellent ces imbéciles qui ignorent que la famille de Louis XVI est Bourbon, d’abord, dans la dynastie capétienne.

Les enfants reçoivent enfin du linge, Marie-Thérèse Charlotte n’a plus à ravauder ses vêtements archi-usés. Le Roi d’Espagne demande à recevoir ses cousins, sans aucune réponse de la Convention.

On songe à échanger cette encombrante prisonnière sans aucune utilité pour le pouvoir politique. Il faut de plus se refaire une virginité après tant d’années d’abjections.

Marie-Thérèse Charlotte apprend enfin la mort de sa maman et de sa tante chérie et de son frère par Madame de Chanterenne qui lui a été donnée comme gouvernante.

Garder la princesse en prison ne se justifie plus pour le pouvoir politique qui a changé et, de Convention, est devenu le Directoire. On reprend un décret de juin 1795 en vertu duquel la fille de Louis XVI serait échangée contre des Conventionnels en mission qui ont été emmenés dans ses malles part le général Dumouriez, général révolutionnaire mais royaliste dans l’âme, lorsque lassé par les crimes de la Convention, il est passé avec armes, bagages et Conventionnels chez les Autrichiens.

On impose cet échange à l’Empereur d’Autriche François II. La princesse est échangée contre Beurnonville, Drouet (le maître de poste qui arrêta Louis XVI à Varennes), Maret (capturé en Lombardie), Camus (régicide), Quinette (régicide), Sémonville (capturé en Lombardie avec Maret).

Marie-Thérèse Charlotte retrouve la liberté le jour de ses 17 ans. Elle est remise à la famille de sa mère, son oncle François II, à la frontière à Bâle.

Elle est accompagnée par François Hüe, le valet de chambre de son père qui avait accompagné, par dévouement, la Famille royale au Temple et qui l’assistera à Vienne.

Elle aurait versé des larmes en quittant le pays qui fut le Royaume de sa Famille, sans en vouloir aux responsables de ses malheurs.