EN PAYS BRETON, NOUVELLE AVOINÉE EN 1795...

Publié le par culture

EN PAYS BRETON, NOUVELLE AVOINÉE EN 1795...

Le 21 décembre 1795, les Bleus, venus de Fougères, viennent ravitailler Saint-Georges-de-Reintembault, en plein territoire Chouan.

La deuxième bataille du Rocher de La Piochais va commencer. En effet les Bleus tombent dans une embuscade tendue par les Chouans d’Aimé Picquet du Boisguy et vont être écrasés par ceux-ci.

Le jeune chef Chouan connaît bien l’endroit puisque déjà le 26 juillet, toujours secondé de son fidèle Auguste Hay de Bonteville, il y a livré une bataille où les Bleus ont subi une cinglante défaite. Aimé a perdu son frère Guy dans le combat.

Le 17 décembre, les Chouans ont attaqué Saint Georges de Reintembault (à 20 Km au Nord-Ouest de Fougères), une petite ville peuplée de « patauds » dans un paysage Chouan, soutenue par une garnison de 300 soldats républicains. Lesquels font parfois des expéditions au cours desquelles ils commettent des exactions. C’est ce que veut sanctionner Boisguy.

Mais cela ne se fait pas tout seul et la garnison résiste, le siège mit en place ne donne pas grand résultat ; Aimé du Boisguy voudrait obtenir par la négociation le départ des soldats Bleus.

Mais pendant ce temps, à Fougères, l’Adjudant-général Bernard et son second le Commandant Joré sont arrivés à constituer une colonne d’environ 500 à 600 hommes et se mettent en route pour Saint Georges avec passage, pas de chance pour eux, par le Rocher de la Piochais.

Ayant appris le départ de la colonne des Bleus, Boisguy et Bonteville se dirigent vers leur lieu de prédilection, La Piochais et à l’aube de ce lundi 21 décembre, avec plus de 2.000 de leurs Chouans dressent une belle embuscade. Leur astuce est de ne pas masquer totalement leurs effectifs, laissant quelques Chouans repérables ; on ne peut pas dire que les Bleus s’avancent la fleur au fusil mais avec force railleries et quolibets. C’est une décharge terrible qui les atteint venant de Chouans bien dissimulés, latéralement, en tête de colonne, en queue de colonne, et les marais dans le dos.

Les Bleus opèrent une retraite ordonnée, comme disent les rapports de l’époque, que nous pouvons interpréter comme celle des Romains dans les affrontements avec Astérix et Obélix.

C’est pour les républicains le retour rapide à Fougères, laissant au sol 300 hommes tués ou blessés.

Les Chouans ont perdu, d’après Toussaint du Breil de Pontbriand, 39 tués et 40 blessés.

Déjà, Aimé Picquet du Boisguy avait livré un combat contre le Commandant Joré le 27 novembre à La Vieuville, dans cette même région, et le 4 décembre à Saint James ; si dans un premier temps les Chouans de Dauguet durent battre en retraite l’arrivée de Boisguy puis la prise du fort de Saint James déclencha la déroute des Bleus qui rentrèrent dans leur retranchement d’Avranches.

Leur Général, Delaunay, ne rédigea même pas de compte-rendu. Pourquoi donc ?