30 DÉCEMBRE 1795: AIME PICQUET du BOISGUY UN COMBATTANT INFATIGABLE...

Publié le par culture

30 DÉCEMBRE 1795: AIME PICQUET du BOISGUY UN COMBATTANT INFATIGABLE...

Aimé Picquet du Boisguy (15 mars 1776-25 octobre 1839) aurait pu mettre sur ses lèvres cette tirade que Pierre Corneille, ancêtre de Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont, faisait prononcer au Cid:

Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées,

La valeur n'attend point le nombre des années.

Aimé Picquet du Boisguy a déjà été évoqué sur ce Blog. Il est bien de revenir vers lui où, en ce 30 décembre de 1795 finissant, il signe encore une victoire sur les Bleus, sur un territoire un peu au nord de son pays de Fougères : La Croix Avranchin.

Il n'arrête pas, malgré son très jeune âge, depuis plus de deux ans. Il est tombé très jeune dans le combat des Révoltés, à 17 ans, ayant auparavant rejoint Armand Tuffin, marquis de la Rouërie et son Association Bretonne.

Le 25 octobre 1793 il est aux combats de la Croix Bataille où les Chouans qu'il menait semèrent la déroute des troupes du boucher Westermann, le 26, toujours à la tête de ses Chouans du Fougérois, aux combats d'Entrammes où les Bleus ramassent une fessée magistrale, à la Bataille de Fougères le 3 novembre, à Grandville, à Dol, au Mans , à Argentré du Plessis les 5 et 6 juin 1795, à Saint James le 4 décembre 1795, au Rocher de La Piochais le 21 décembre, et aujourd'hui à la Bataille du Pont Avranchin.

A l'origine c'est toujours l'existence de la ville de Saint Georges de Reintembault, une anomalie républicaine en territoire de Chouannerie. Ses habitants ont faim et doivent être ravitaillés. Ce que tentent les Bleus menés par l'adjudant-général Richon. Mais ce n'est pas encore ce soir que les habitants de la ville pourront manger à leur faim. Après des épisodes incertains, la bataille est définitivement gagnée grâce à l'arrivée des Chouans de Auguste Hay de Bonteville à la tête de ses 1200 hommes et ceux de Dauguet à la tête des Chouans Normands. Les Bleus ne demandent pas leur reste et font retraite vers Pontorson en abandonnant blessés, morts, armes et bagages. Bon, ils prennent la fuite, quoi !

Le montant des pertes est différent selon les uns et les autres, les Bleus ayant tendance à minimiser les leurs et à augmenter le nombre des attaquants Chouans, ces derniers restant dans des normes acceptables ; disons que le combat fit un grand nombre de morts et blessés chez les Bleus et un peu moins chez les Chouans (200 pour les Bleus et 35 pour les Chouans).

L'important est que les Chouans restaient CHEZ EUX !

"Aimé du Boisguy avait un caractère gai, franc, ouvert ; à une bravoure qu'on ne pouvait surpasser, il réunissait la prudence dans les occasions importantes. Il avait un coup d'œil pénétrant et savait, dans un instant, choisir les positions favorables pour placer ses troupes et profiter des dispositions du terrain. Calme au milieu de l'action, il suivait avec soin les mouvements de l'ennemi, il donnait ses ordres avec précision et s'il le voyait s'ébranler ou incertain, il s'écriait : « Il est temps, amis, suivez-moi ! Ils sont à nous ! » et, le premier, il se précipitait sur lui". Toussaint du Breil de Pontbriand.

 

30 DÉCEMBRE 1795: AIME PICQUET du BOISGUY UN COMBATTANT INFATIGABLE...