QUIBERON 16 JUILLET 1795, L'ATTAQUE DECISIVE DE LOUIS-LAZARE HOCHE

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Lord Dundham, Ministre anglais de la Marine et responsable de la logistique du débarquement à Carnac autorise le Marquis de Sombreuil à débarquer enfin avec ses 1500 hommes dont un tiers de Bleus faits prisonniers par la marine anglaise et qui ont préféré s'adjoindre aux Emigrés plutôt que de rester à croupir sur les pontons anglais. Quelle erreur !

Ils ont  à peine débarqué qu'ils se heurtent à la violente offensive de Louis-Lazare Hoche qui a bien décidé d'enfermer les Emigrés dans la nasse où, par sottise, D'Hervilly avait décidé de stationner ses troupes alors que, s'il avait effectué le débarquement dès le 25 juin, les plages étant sécurisées par les Chouans, il aurait pu pousser son avantage et s'enfoncer dans les terres Morbihannaises.

Sous une pluie diluvienne l'attaque de Hoche se porte vers le Fort Penthièvre tenu par les Emigrès où, là aussi, dans les troupes libératrices, sont des Bleus qui ne vont pas tarder à se retourner contre ceux qui les ont sauvés des pontons anglais.

Les attaques contre le site de Sainte Barbe ont échoué ; pendant que les Emigrés attendaient sur les plages de Carnac, Hoche a eu tout son temps pour construire, après avoir confisqué tous les instruments aratoires des paysans alentours, une butte de sable et de troncs d'arbres (toujours visible actuellement) dressant une véritable muraille à l'entrée de la Presqu'île.

Le général Humbert mène ses troupes de façon gaillarde malgré des conditions météorologiques exécrables. On sabre, on tue les résistants valeureux qui s'opposent au déferlement des troupes de Hoche.

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PENDANT CE TEMPS, à une quarantaine de kilomètres, les Chouans avec Georges Cadoudal et Pierre Mercier la Vendée et quelque éléments du Royal Louis, sous les ordres de Vincent de Tinténiac ayant comme second le mari de Louise du Bot du Grégo, Antoine d'Amphernet de Pontbellanger, qui ont débarqué à Sarzeau, dans le but d'obliquer, après leur arrivée à Elven, sur l'arrière des troupes de Hoche, reçoivent un message de l'Agence Royaliste de Paris intimant à Tinténiac l'ordre de se rendre au château de Coëtlogon (au dessus de La Trinité Porhoët à 30 Km de Ploermel !), bien loin de Plouharnel, afin de recevoir des directives sur la conduite des opérations.

Vincent de Tinténiac est un militaire, ancien Lieutenant de la Royale, ancien subordonné de Armand Tuffin, Marquis de La Rouërie, créateur de l'Association Bretonne. Il ne désobéit pas aux ordres surtout ceux venant d'une hiérarchie à priori indiscutable. Or l'Agence Royaliste de Paris est au service du Comte de Provence, nouveau Louis XVIII, subventionnée par William Pitt junior, Premier Ministre de l'Angleterre. Alors que le débarquement à Carnac est voulu par le Comte d'Artois (futur Charles X) sous les ordres de Puisaye envers lequel est méfiant D'Hervilly inféodé à Louis XVIII.

Toujours est-il que l'armée Chouanne marche vers Coëtlogon ; Tinténiac, le jeune Tinténiac, ne présage  pas encore qu'il n'a plus que deux  jours à vivre !

Ce débarquement à Carnac, qui est une réussite se continue en un sac d'embrouilles politiques et idéologiques dépassant largement les idéaux des hommes valeureux qui ont débarqué pour l'honneur de leurs convictions. Cela me fait penser à un grand personnage qui, manchot, mettait son bras unique au service de son Roi, de son honneur et de la vérité ; il mourut fusillé sur la plage du Port d'Orange. Son descendant, un taiseux,  n'a pas les mêmes valeurs.

Déjà des entourloupes politiques ! Comme à l'heure actuelle : le camp des vainqueurs ! Désolant.

Nous rendrons hommage à Vincent de Tinténiac, samedi 18 juillet, jour de sa mort, à Coëtlogon. Rendez-vous devant l'église de La Trinité Porhoët à 10 H 30.

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