10 JUILLET 1795, IL Y A 220 ANS :

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Paris, à la Convention:

- Décret portant qu'il y a lieu à accusation contre le Représentant du peuple Joseph Le Bon (d'Arras).

- Décret par lequel la Convention se déclare en permanence pour entendre Joseph Le Bon.

Joseph Le Bon (ou Lebon), né en 1765, est un ancien oratorien qui se fit distinguer par son art de la rhétorique. Pour cela il fut nommé professeur à Beaune ; ordonné prêtre en 1789 par l'évêque Talleyrand - futur apostat - il ne plongea pas immédiatement dans la révolution. La seule concession qu'il lui fit d'abord fut de prêter le serment, ce qui fit sombrer sa mère dans la folie ; en 1791 il est nommé curé de Neuville-Vitasse (commune qui le compte actuellement dans ses personnalités) dans le Pas de Calais.Nul ne peut penser qu'il va être le Représentant sanguinaire qu'il va devenir sous peu de mois.

A la chute de la Royauté il abdique son sacerdoce et se marie. Il est élu maire d'Arras et suppléant à la Convention.Faisant chasser les envoyés de la Commune de Paris venus plaider leur cause pour les désordres de la région parisienne après l'arrestation de la Famille Royale, il est taxé de modérantisme par le Représentant Montagnard Guffroy. D'abord proche des Girondins il applaudit à leur chute fin mai début juin 1793. Il se rapproche alors des Montagnards.

Le 1er juillet 1793 il entre à la Convention sous l'étiquette Montagnard ; élu au Comité de Sûreté générale le 14 septembre il est un fidèle de Robespierre. Envoyé en mission dans le Pas de Calais il organise les réquisitions de grains, la chasse aux déserteurs et...nouvelle vocation: la chasse aux prêtres réfractaires.

Cependant l'autre Représentant en mission, Guffroy (encore), le trouvant trop tiède, devant la Convention, le fait passer pour un contre-révolutionnaire. Le Comité de Salut public le rappelle en mars 1794 et le renvoie en lui assignant la même mission: chasse aux contre-révolutionnaires, aux prêtres réfractaires, aux fédéralistes, aux accapareurs etc. Vaste programme !

Le Bon, malgré son patronyme, va appliquer avec rigueur cette mission et laisser derrière lui un ruisseau de sang, à Arras et aussi à Cambrai.

A tel point que

-2 août 1794 la Convention promulgue les décrets ordonnant l'arrestation de Joseph Lebon (ainsi que Héron, Rossignol, David etc.

- 2 août 1794, Décret de la Convention qui renvoie au Comité de Sûreté générale la dénonciation contre Lebon et au Comité de Salut public  la dénonciation de la conduite du Représentant du peuple Maignet. Aussi assassins l'un que l'autre (Maignet : Lyon, Toulon, Marseille, Bédoin, Orange) seul Lebon va être incarcéré le 2 août, l'autre ayant eu le temps de fuir et d'aller se réfugier, par la suite, dans sa ville natale d'Ambert.

En ce 10 juillet, cela fait près d'un an qu'il est enfermé ; la Convention a décrété le 7 mai "la nomination d'une commission (de 21 membres) pour l'examen de la conduite de Joseph Lebon".

Est-ce utile de rappeler qu'une procédure judiciaire à l'époque durait de une ou deux minutes à (rarement) un couple d'heures ; nous avons vu que, lors de son procès, il fut demandé, à Fouquier-Tinville, des explications sur des procès dont un, en particulier, parle de 65 personnes jugées et condamnées à mort en UNE heure! 

10 JUILLET 1795, IL Y A 220 ANS :

PENDANT CE TEMPS AU SUD DE LA BRETAGNE...

Après les atermoiements dus au manque de confiance D'Hervilly envers les Chouans, qui sont chez eux, et le retard pris par la faute du temps perdu pour débarquer, les opérations se déroulent malgré les handicaps accumulés.

Plutôt que de chercher à se lancer à l'intérieur des terres, les Emigrés choisissent de se replier vers le Fort de Penthièvre.Cadoudal et Jean Rohu arrivent à retenir les Bleus à Plouharnel permettant ainsi à Vincent de Tinténiac et à Jacques Le Prestre de Vauban de faire retraite depuis Ploemel et Erdeven.

Puisaye persuade D'Hervilly de mener une attaque sur Sainte Barbe qui, à l'ouest de Plouharnel domine le champ de bataille.Percer là donnerait une bouffée d'oxygène aux combattants qui se trouvent dans la Presqu'île. L'opération est lancée le 8 juillet à deux heures du matin, coordonnée entre les Emigrés sous les ordres de D'Hervilly et les Chouans de Tinténiac et de Georges.

Le second de Tinténiac est Antoine d'Amphernet de Pontbellanger, mari de Louise du Bot du Grégo qui est la maîtresse de Hoche. On peut facilement imaginer ce qui aurait pu donner matière à scénario pour un film en 1959:"Confidences sur l'oreiller" !

La résistance du général Bleu Humbert, la désertion des Bleus rescapés des pontons anglais et qui se sont engagés chez les Emigrés, entraînent le repli de D'Hervilly. Les Chouans ne peuvent suffire à la tâche et à leur tour se replient. Puisaye fait de même.Les Bleus occupent maintenant en masse tout le village de Sainte Barbe.

Le  9 juillet Georges Cadoudal (24 ans)soumet son plan de contournement de l'adversaire en débarquant aux deux extrémités de la longue plage du Morbihan et en l'attaquant à revers.Ce plan, soutenu par Vincent de Tinténiac (31 ans), Paul du Boisberthelot (44 ans) et Vauban (41 ans) est accepté par Puisaye (40 ans), et D'Hervilly (39 ans).

Le 10 juillet, il y a 220 ans aujourd'hui, à Port Haliguen, 2.000 Chouans sous les ordres de Jean-Baptiste de Lantivy (25 ans) et de Jean Jan (23 ans) s'embarquent sur des chaloupes et des chasse-marées pour aller débarquer entre Larmor plage et le Pouldu. 3.500 autres Chouans, sous les ordres de Tinténiac, Antoine d'Amphernet de Pontbellanger (35 ans), renforcés d'une compagnie de Loyal-Emigrant vont débarquer à Sarzeau. L'attaque est concertée avec les Emigrés restés à Penthièvre pour le 16 juillet.Les deux débarquements s'opèrent parfaitement. A suivre.

10 JUILLET 1795, IL Y A 220 ANS :

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