10 JUIN 1815, PEN MUR, bourg Pol, IL Y A 200 ANS .....

Publié le par culture

10 JUIN 1815, PEN MUR, bourg Pol,  IL Y A 200 ANS .....
10 JUIN 1815, PEN MUR, bourg Pol,  IL Y A 200 ANS .....
10 JUIN 1815, PEN MUR, bourg Pol,  IL Y A 200 ANS .....
10 JUIN 1815, PEN MUR, bourg Pol,  IL Y A 200 ANS .....

Après son débarquement à Golfe Juan, Napoléon a poursuivi sa marche qui se révèle triomphale jusqu‘aux Tuileries, Louis XVIII subissant, kilomètre après kilomètre parcouru par l’Usurpateur les lois du retournement des opinions et les trahisons.

Après plus de 10 ans de détention (octobre 1803- avril 1814) dans les conditions les plus sordides et particulièrement les sept dernières années dans un cul de basse fosse de Bicêtre, Louis-Charles de Sol de Grisolles avait retrouvé la liberté. Dès la nouvelle de l’arrivée de l’exilé à Lyon il se rendit aux Tuileries avec Toussaint de Pontbriand. Les Princes revenus d’émigration n’avaient toujours rien compris du travail effectué par les Révoltés des campagnes. Le Conseiller du Roi, comte de Blacas, recommanda l’emploi de Régiments de ligne. Nos deux Chouans retournèrent dans leur Bretagne et commencèrent à rappeler leurs anciens Chouans.

Les Ecoliers de Vannes – les élèves du Collège Saint Yves (actuel Jules Simon) et non le collège Saint François-Xavier – s’impliquèrent très vite dans le soulèvement. Comme l’écrit Bainvel, un de ceux-ci : « Tout l’éclat de ses triomphes et de ses victoires s’était effacé à nos yeux ; tout ce qui avait été dit contre lui (Napoléon) nous apparaissait comme une vérité incontestable. Il avait rétabli la religion, mais n’était-ce pas comme un moyen de gouvernement puisque depuis il avait déchiré le pacte religieux en portant la main sur l’oint du Seigneur ; n’avait-il pas arraché de Rome, traîné de prison en prison le Chef de l’Eglise ? Pour satisfaire son ambition, il ne craignait pas de compromettre l’avenir de la France, d’appeler de nouveau les armées coalisées : il nous rapportait la guerre ».

En cachette, pour le cas où, ils se formèrent en petits clans et commencèrent à s’entraîner au maniement d’armes. Faisant connaissance d’un vétéran, le Chevalier de Margadel membre du Conseil de Sol de Grisolles – celui-ci se chargea d’eux sur sa propriété vannetaise. Ils élisent même leurs officiers : Capitaine, Jean Nicolas ; Lieutenant, Pierre-Marie Bainvel ; Sous-lieutenant, Le Quellec ; Sous-lieutenant Porte-drapeau, Jean Questel ; Sergents-majors, Rado du Matz, François Rio, Germain.

Les 9 et 10 avril, un décret impérial avait ordonné la mobilisation des anciens conscrits licenciés après l’abdication de Napoléon ; ils avaient enfin retrouvé le calme et les travaux du foyer après des années de campagnes acharnées. Si la mobilisation n’était pas la conscription, pour eux, c’était pareil !

Il fut facile pour de Sol et ses officiers de présenter l’intérêt qu’il y avait pour ces mobilisés de le faire dans les armées chouannes.

Même Monseigneur de Bausset, ancien de Saint Sulpice et ami de Monsieur Emery prit ouvertement parti contre Napoléon bis. "Assez de sang et de larmes répandus en bien plus grande quantité que depuis bien des siècles".

Les jeunes « Ecoliers » avaient pu se faire la main lors des accrochages du côté de Sainte Anne d’Auray le 26 mai. Ils prirent ensuite, sous les ordres de leur général, la route vers Redon puis vers Muzillac afin de bloquer une éventuelle opération du général Rousseau pendant que 1500 Chouans allaient débarquer les armes et munitions anglaises.

 

C’est ainsi que ce matin, Sol de Grisolles et ses troupes se disposent à accueillir les soldats impériaux du général Rousseau annoncés par les Chouans envoyés en éclaireurs.

Le point de passage obligé est la digue du moulin de Pen Mur, les Chouans et les marins de Joseph Cadoudal ayant barré le seul pont de la route de La Roche Bernard.

Les canons vont faire des victimes chez les écoliers qui n’ont pas encore vu de canons en action. Le barde Le Thiec chantait :

Sainte Anne Mère bénie,

Donnez du courage aux Bretons,

Si je succombais en pleine guerre,

Je chanterais encore avant de mourir….

« Un boulet lui fracassa le crâne, faisant jaillir sa cervelle sur ses camarades ».

Après de longues heures d’échanges de tirs, canons contre fusils, le général Rousseau fut prévenu par des éclaireurs que Gamber (d’Elven) arrivait avec ses 500 hommes sur leurs arrières. Les Impériaux firent retraite.

Sol de Grisolles avait montré une fois de plus, malgré son âge (54 ans) ses excellentes dispositions manœuvrières et les Ecoliers de Vannes leurs qualités de combattants.

Mais leur ouvrage n’est pas achevé.

Nous serons, samedi, sur le théâtre de leur bataille, à 10 H 30, pour une journée du Souvenir qui nous amènera jusqu'à Auray avant d'aller déguster notre verre de cidre avec ses palets de Saint Guénolé (Batz sur mer).

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