SCIMUS CHRISTUM SURREXISSE, A MORTUIS VERE*...

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BELLES ET SAINTES FÊTES DE PÂQUES QUI SE POURSUIVENT DURANT CETTE OCTAVE où l'Eglise rappelle l'élément fondateur de la chrétienté, évènement pour laquelle elle est persécutée, plus particulièrement dans ses terres natales que sont l'ancienne Mésopotamie et les riches vallées du Tigre et de l'Euphrate, par une bande d'arriérés mentaux qui n'hésitent  pas à pulvériser et  réduire à néant les vestiges de leur Histoire, dans une indifférence navrante.

Je livre à votre méditation cette belle homélie donnée par l'abbé Yves Chéreau, curé de Saint Clément de Nantes, en la messe de la Résurrection :

"La Résurrection, le cœur de notre foi, vient à nous sous la forme d'une question. Au matin de Pâques nous sommes loin encore des affirmations et des discours assurés du jour de la Pentecôte. La surprise déroute tout le monde, on court beaucoup, on s'interroge. Une seule certitude : le tombeau est vide.

Voilà sans doute ce qui est le plus important à entendre ce matin : le tombeau est vide. Pour nous qui avons bien conscience de porter notre croix avec le Christ, et espérons donc vivement (et rapidement) ressusciter avec lui, l'Evangile nous rappelle que l'évidence de la Résurrection se cache dans un tombeau vide. Alors avant de restreindre la Résurrection à un futur hypothétique qui ne concerne qu’indirectement notre quotidien immédiat, refaisons ensemble l’itinéraire des premiers apôtres et confrontons leurs réactions.

La première à être confrontée au tombeau vide est Marie. Elle vient de nuit, le jour n'est pas encore levé. Signe aussi que le temps de la foi n'est pas encore advenu pour elle. Que vient-elle faire de si bon matin ? Vient-elle apporter quelques derniers soins à l'ensevelissement ? Vient-elle pleurer Jésus ? Nous n'en savons rien. La seule chose qui compte est qu'elle s'attendait à trouver le tombeau fermé et qu'il est ouvert. « Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau ». Sans dépasser ce constat, elle court aussitôt chercher saint Pierre. Pour elle, le tombeau vide ne pose pas de question mais appelle une certitude tout rationnelle : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau ». Sans s'expliquer, elle affirme sa conclusion avec force, elle se désole de son ignorance, et elle inclut les apôtres dans sa détresse : « nous ne savons pas où on l'a mis ». Elle a évalué la situation sans prendre le temps de discerner et elle attend des solutions toutes faites. Ce qui l'intéresse, c'est le concret de sa vie. Elle est passée à côté du rendez-vous de la foi parce qu'elle n'a pas pris le temps du recul, le temps d'interroger les événements.

Pierre et Jean partent alors. Dans la même hâte. L'affaire est d'importance et ne supporte aucun délai. Ils arrivent, l'un avant l'autre, mais l'ordre de préséance est respecté ; Jean laisse Pierre entrer le premier. Ils voient ce que Marie n'a pas vu : l'intérieur du tombeau vide. Les bandelettes sont rangées, donc le corps n'a pas été emporté dans la précipitation. Probablement l'hypothèse de Marie n'est pas la bonne...

Les réactions des deux apôtres sont bien différentes. Pierre scrute les lieux. II les contemple, les observe avec insistance et attention. II cherche à comprendre. Mais il reste lui aussi en deçà de l'acte de foi. Le linceul est là, le linge recouvrant la tête est bien plié. Tout porte à croire qu'ils sont devenus inutiles. Mais qu'imaginer de plus ?

Pour Jean, c'est différent. On ne sait d'abord pas ce qu'il contemple. Les choses vont plus vite. « II vit ». Quoi ? « II crut ». Quoi ? II a vu la même chose que saint Pierre. Certes, mais le disciple que Jésus aimait a instinctivement replacé la scène dans le cadre des Ecritures, c'est-à-dire dans le cadre du dessein de Dieu sur l'humanité.

La foi en un événement dont personne n'a été témoin devient alors possible. Nous avons en effet ceci de commun avec les apôtres que nous n'avons pas vu la Résurrection. Mais nous croyons que leur témoignage est véridique parce que les Ecritures L'avaient annoncée."

*Scimus Christum surrexisse a mortuis vere : Nous le savons le Crist est vraiment ressuscité d'entre les morts

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