27 MARS 1815, NAPOLEON : FIN D'UN AN DE PAIX...

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27 MARS 1815, NAPOLEON : FIN D'UN AN DE PAIX...

Débarqué au Golfe Jouan le 1er mars Napoléon est arrivé aux Tuileries le 20. Dans la nuit précédente le roi Louis XVIII est parti en exil pour la Belgique en passant par Beauvais.

Sur la route, après un accueil très mitigé à Autun, Napoléon était arrivé à Avallon le 16 mars. Sommé de venir l'accueillir le maire depuis novembre 1813, Jean-Edmond Richard Raudot, avait fait valoir au général Girard qu'il avait prêté serment à l'Empereur en novembre 1813 mais qu'il s'estimait relevé de ce serment par l'abdication d'avril 1814. Ayant prêté serment le même mois au roi Louis XVIII il estimait que, le roi étant parti, nul ne pouvait le délier de ce serment.

L'officier du général Girard essaya de combattre les scrupules de Raudot par rapport à son serment au roi :"le serment n'est qu'une question de formalité que l'on remplit à chaque changement de gouvernement depuis 25 ans et moi-même j'ai déjà prêté huit serments!". Monsieur Raudot lui répliqua :"C'est ce qui fait qu'un huitième serment est pour vous plus facile à prêter qu'à moi qui n'en ai prêté que deux, un à l'Empereur dont je suis relevé par son abdictaion, un au Roi dont je ne sais qui pourra me délier". Girard et son officier ne purent le faire revenir sur sa décision. 

Raudot réunit son Conseil municipal et fit part de sa décision. Un officier d'ordonnance de Napoléon vint le sommer de reconnaître l'Empereur: Le maire persista dans son refus.

L'Empereur arriva à Avallon et fit halte à l'hôtel de la Poste, ne voulant pas descendre à la Sous-préfecture en raison de la mauvaise volonté des Municipaux. Napoléon voulait un accueil du au souverain qu'il était et envoya une délégation pour avertir les Municipaux de son arrivée.

Il se mit plusieurs fois au balcon de sa chambre pour recevoir les acclamations de la foule, les bourgeois et les artisans plutôt réservés, les paysans plutôt enthousiastes. A la décharge de ceux-ci l'engagement de l'Empereur de ne pas revenir sur les biens nationaux qui avaient permis à certains, par leur acquisition, d'agrandir leurs terres.

Finalement, pour que ses administrés ne souffrent pas de sa décison, le maire se rendit à l'hôtel de la Poste pour rencontrer Napoléon qui leur fit un discours plutôt surréaliste et vigoureux :"Je rentre en France où j'ai mon armée, partout elle reçoit mes ordres et y obéit ; il ne peut y avoir et il n'y aura pas de résistance. Dans six ou huit mois vous auriez eu une révolution terroriste dont ceux qui sont à la tête des affaires n'auraient pu venir à bout. Le Roi est un bon homme mais mal entouré par une noblesse féodale qui le fait agir dans un sens contraire à la révolution ; les autres princes sont bêtes sauf peut-être le prince d'Orléans. Moi seul pouvait éviter à la France les maux dont elle est menacée. Je suis accueilli partout en libérateur. Je ne flagorne pas le peuple, je ne lui promets rien ! Le Roi et le princes ont avili l'armée et la gloire nationale, ils n'ont pas respecté leurs promesses, ils sont entourés d'étrangers qui combattent contre la France depuis 25 ans! Le Roi et les princes auraient du poursuivre la voie de la révolution, ils ont renvoyés mes soldats chez eux et cassé la Maison de la Légion (d'Honneur : note SCB). Je casse la Chambre des Pairs car elle est composée en partie de gens qui ont lutté contre la Patrie durant 25 ans et la Chambre des Députés qui n'ont pas été élus de façon légale (!!! note SCB)" D'après un témoin, Napoléon prit souvent du tabac à priser dans sa poche de gousset ou dans sa tabatière.

En sortant de l'entretien Monsieur Raudot présenta sa démission qui fut acceptée. Il fut le seul maire courageux qui ne trahit pas son serment.

A Paris le grenouillage fut de rigueur, les ministres partirent avec le Roi. Le préféré de l'Empereur, Cambacérès, qui avait servi le Roi, se retira sur ses terres.

​Homme indispensable à Napoléon il retrouva sa place d'Archi-Chancelier. Le ministère est complet à la date du 23 mars. La Septième Coalition a réuni ses troupes autour de Namur sous les ordres de Blücher. Une des premières décisons de l'Empereu est de rappeler sous les drapeaux tous les soldats licenciés par le pouvoir royal.

En ce 27 mars, le Conseil d'Etat a annulé la déchéance de l'Empereur.

Le 28 mars: Décret qui appelle à leurs corps tous les sous-officiers et soldats qui ont quitté l'armée sous la promesse de l'Empereur qu'ils seront les premiers à obtenir des congés pour rentrer dans leurs foyers lorsque la paix actuelle sera consolidée. Pour beaucoup ce sera la Paix Eternelle !

Le 13 mars le duc de Bourbon-Condé a tenté de soulever l'Ouest sans aucun succès. Là ou le duc a échoué, Napoléon va réussir. La Chouannerie se prépare.

En ce 28 mars (cet article a été commencé le 27) la France ne sait pas encore qu'elle se prépare pour une nouvelle saignée.

 

 

 

 

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