MORBIHAN, Janvier 1795 - 2015, IL Y A 220 ANS...

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Le 18 août 1794, s'est déroulée la "bataille" de Saint Jean Brévelay où 300 Chouans ont été mis en déroute par les Bleus peut-être sous les ordres du Chef de bataillon Valesqui.

Le chef des Chouans est Joseph de Boulainvilliers de Croÿ (selon certains auteurs cette particule serait usurpée bien qu’il apparaisse dans un arbre généalogique de cette Famille), ancien officier de La Royale, peut-être bon officier de marine mais piètre commandant d'infanterie.

Joseph de Puisaye l’a nommé Maréchal de camp pour le Nord Morbihan, une partie des Côtes du Nord et d’Ille et Vilaine. Puisaye lui a remis, en outre, 50 mille Livres pour la trésorerie de la troupe. Ce dernier avait auparavant proposé le poste à Charles de La Bourdonnaye qui avait décliné l'offre.

Pierre Guillemot n’avait pas été retenu, pour ce commandement, par Puisaye ; il se retrouva donc, avec sa Division de Bignan, sous les ordres de Boulainvilliers ainsi que Jean-François Le Deist de Botidoux, de la division de Ploërmel.

Si jusque là sa principale activité avait consisté à couper les arbres de la liberté c’était autre chose que de mener des batailles face à des hommes de métier et mieux armés.

Mal armés, les Chouans avaient été mis en déroute par les Bleus supérieurs en nombre. Un Chouan avait été tué et une quinzaine faits prisonniers ; aucune perte chez les Bleus. La poursuite s’était poursuivie jusqu’à Trédion.

A la suite de cet échec, démontrant son incapacité au commandement, Puisaye releva Boulainvilliers et nomma à sa place Sébastien de La Haye de Silz (37 ans).

(Sébastien de La Haye de Silz est né au château de Silz à Arzal le 14 mars 1756. Après avoir servi dans les Dragons il devient commandant de la Garde nationale de Guérande. Il fera partie de la conspiration de la Rouërie en 1792 comme Commissaire royal pour le Morbihan).

Joseph de Boulainvilliers, qui avait épousé en 1793 Elisabeth de La Poype dont il avait eu une fille, pensait surtout à courir le guilledou avec Anne-Marie Troussier mère de madame de Forzan propriétaire du manoir de Kernicol à quelques kilomètres de Saint Jean. Ce manoir faisait plus penser, par sa fréquentation, à un lieu de débauche qu’à un centre stratégique en territoire soulevé.

Irrité de sa destitution Boulainvilliers quitta le Morbihan et alla en Ille et Vilaine avec la cagnotte confiée par Puisaye. Ce n’était pas bien !

Le manque d’Anne-Marie Troussier étant le plus fort il revint en décembre 1794, pour son malheur, au château de Kernicol.

Arrêté par les hommes de Pierre Guillemot il fut très sommairement jugé, pour désertion et comportement louche avec les républicains (trahison ?), détournement de fonds ; emmené près du hameau de Kerhervy il est fusillé dans le dos comme un traître par le capitaine Mathurin Le Labourier.

La troupe comprenait dans ses rangs Yves Tyais, du moulin de Kerauffret, grand séminariste avant la révolution et que l’on appelait l’abbé. Ce qui fait écrire à certains auteurs qu’il reçu les derniers sacrements, en particulier l’absolution, ce qui est faux car n’étant pas prêtre « l’abbé » Tyais ne détenait en aucun cas ce pouvoir.

Où fut-il inhumé, nul ne l’a jamais su.

 

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