Carrier, LE procès, 1794, il y a 220 ans...

Publié le par culture

Cela fait une semaine que Carrier est confronté à ses juges pour un procès dont on sait, 220 ans plus tard qu'il est totalement faisandé.

Oh ! Il ne s'agit pas de lui trouver des excuses qu'il ne mériterait en aucun cas. Omnipotentat révolutionnaire, Représentant en mission de la Convention, à laquelle il rend des comptes régulièrement, il est un fonctionnaire zélé, couvert par son mandat officiel, qui a agi sous couverture de ses Mandants (le Comité de sûreté générale et la Convention), il n'est pas un électron libre, il applique les directives. Sans trop se poser de questions.

Baptisé le jour de sa naissance en l'église de son village, Yolet dans le Cantal, il a, par conviction ou idéalisme, rejeté la foi de son baptême et toute l'éducation religieuse qu'il a reçue par son apostasie officielle, le 16 novembre 1793, du haut de la chaire du local du Club Vincent La Montagne à Nantes (actuelle église Sainte Croix), après que l'évêque constitutionnel, Julien Minée ait abjuré, sans inquiétude, son épiscopat, son sacerdoce,  et sa foi.

Fou ? Non, ce serait une explication médicale et "absolutrice". Taré, comme le dit le Professeur P.T. sans aucun doute, comme l'ensemble de ceux qui mènent une Terreur salvatrice de régénération de la race humaine par les bienfaits de la révolution. Taré, c'est à dire muni d'un grave défaut nuisible à un groupe et à la société, un psychopathe qui s'ignore. Carrier va faire sa thérapie avec la répression de ceux qui, de par leur bon sens et leur saine éducation, sont en contradiction.

Dans ses certitudes il a toutefois commis une erreur qui va se révéler fatale : la haine des riches et des possédants nantais qui ont tous applaudis la révolution, la condamnation du Roi et son exécution, les 132 nantais qui ont été envoyés à Paris pous qu'ils soient jugés par le Tribunal révolutionnaire ; ils ne seront que 94 à arriver à destination. Carrier recevra d'ailleurs cette remarque:

Le Comité de Salut Public à Carrier, Représentant dans la Loire Inférieure

Paris 2 Pluviôse An II, 21 janvier 1794

Cent dix prisonniers, citoyen collègue, ont été envoyés de Nantes dans les prisons de Paris pour satisfaire à la justice nationale.

Le Tribunal révolutionnaire allait instruire l'affaire; mais les pièces, les renseignements, lui manquent.

Hâte-toi donc d'adresser sur-le-champ les éclaircissements nécessaires.

Le glaive de la loi est suspendu ; impatient, il attend les coupables, qu'il eût peut-être mieux valu faire punir sur les lieux pour donner à l'exemple des effets plus utiles. 

Si d'autres accusés vont lui être adjoints, une trentaine, c'est, en réalité, l'ensemble de la Convention, qui a applaudi à ses "exploits" qui aurait du être à ses côtés.

La vérité est que Carrier ne sent pas bon dans une société révolutionnaire qui pue. On va donc lui anticiper un slogan du XXème siècle : une grande claque aux mauvaises petites odeurs.

Il va assister au long défilé de 220 témoins à charge. Les 20 témoins à décharge ne vont pas oser se présenter : ils tiennent à la posture de leurs têtes sur leurs corps!

Le Président du "Tribunal" est Dobsent.

Le plus écoeurant dans sa conduite va être le serve François-Anne-Louis Phélippes de Coatgoureden de Tronjolly  dit Phélippes-Tronjolly qui, en tant que Président du Tribunal révolutionnaire et criminel  de Nantes, fut la créature de Carrier.

 

A suivre, ce feuilleton sur la veulerie des gens.

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