AMBERT, Puy de Dôme, il y a 180 ans, MAIGNET...

Publié le par culture

AMBERT, Puy de Dôme, il y a 180 ans, MAIGNET...AMBERT, Puy de Dôme, il y a 180 ans, MAIGNET...

Dans le cimetière d'Ambert, Sous-préfecture du Puy de Dôme, gît Etienne Christophe Maignet décédé il y a exactement 180 ans, le 21 octobre 1834. Un redoutable Représentant en mission aux crimes oubliés, le Carrier local, recyclé dans la notabilité sans n'avoir jamais rien regretté.

Né à  Ambert  le 9 juillet 1758 dans une riche famille de notaire (son père était notaire royal), il va faire son Droit à Paris et revient dans son pays natal, la tête emplie des Idées Nouvelles.

Il faut se souvenir que la majorité des révolutionnaires est formée d’avocat ou de notaires.

Attiré par les idées de la révolution, il rédige les Cahiers de Doléances du Tiers-état – on doit s’inquiéter de leur objectivité - et s’inscrit au club des Amis de la Constitution créé à Ambert. Elu membre du directoire du département du Puy-de-Dôme, il est élu, en 1791, député à la Convention. Là il va faire connaissance et lier amitié avec Couthon et Robespierre. Il s’inscrit au Club des coupeurs de têtes : Les Montagnards.

Il vote la mort du Roi, sans aucun scrupule, lui le fils d’un zélé fonctionnaire du même souverain. Ni appel au peuple, ni sursis.

Nommé Représentant en mission, il est, avec Châteauneuf-Randon, à la tête d’une Colonne punitive lors de la répression du Soulèvement de Lyon, dont le siège de deux mois s’acheva par une vraie hécatombe.

A Marseille, anticatholique forcené, il donne cet arrêté qui peut servir d’excuse aux profanateurs d’aujourd’hui : "Considérant que l'homme en paraissant sur la terre y vient sans préjugé et, qu'en la quittant il ne doit laisser aucune trace de ceux qui ont pu l'assiéger pendant sa vie, ordonne d'enlever des cimetières tous tableaux, peintures ou inscriptions capables d'alimenter le fanatisme, et d'inscrire ces seuls mots sur la porte d'entrée: Silence, ils reposent! "

On le retrouve à Bédoin où, pour un arbre de la liberté arraché, il approuve une juste sanction de 63 exécutions ; plusieurs maisons et l’église incendiées ou détruites, en partie ou totalité.

En suivant, on le retrouve à Orange où il laisse, dans son sillage, 332 exécutés dont 32 religieuses.

Si lui a sa tombe, ses victimes reposent au fond du Rhône, de la Méditerranée, dans des charniers à Bécarras et  à Gabet:

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Cet individu a laissé des traces sanglantes dans les  divers endroits du territoire  où il a rempli sa tâche de commissaire politique.

Après la chute de Robespierre, il ne répond pas aux demandes d’explications de la Convention ; il vient quand même à Paris à la mi-octobre (il y a 220 ans). Il présentera sa défense au début de 1795 et ne sera pas inquiété. Décrété d’accusation, sur la demande de Tallien, en avril 1795, il part, afin de se faire oublier et se cache jusqu’à l’amnistie que se sont octroyés ces citoyens aux mains sanguinolentes.

Il reprend ses activités d'avocat dans son pays natal où il décède le 21 octobre 1834, il y a 180 ans, âgé de 76 ans, 40 ans après les faits.

Il faut remarquer que sa tombe, où l'on voit une coupe de fleurs (fausses mais de couleurs fraîches !), est surmontée d’une croix ce qui est paradoxal à la vue de son Arrêté pris à Marseille concernant les tableaux, peintures ou inscriptions.

Dans ce cimetière, cela rachète un peu, sont inhumés les célèbres Alexandre Vialatte et Henri Pourrat.

Plus de détails dans La Revue de décembre du Souvenir Chouan de Bretagne.

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