GESTé, il y a un an, 7.280.000€ partent en poussière et gravats.

Publié le par culture

Entre 1844 et 1864, l'église de Gesté est reconstruite, d'abord dans un style néoroman accolé à l'ancienne église du XVème incendiée et à moitié détruite lors du passage de la Colonne Infernale de Cordelier (ou Cordellier, 1767 à Faremoutiers en Seine et Marne où il figure parmi les personnalités de la commune-1844 à Paris) puis en style néogothique, très prisé à l'époque, par l'architecte Alfred Tessier sur l'emplacement de l'ancienne église.

Cette reconstruction, ou construction évolutive, est d'un coût de 100 mille Francs Or dont 80% sont payés par la population, à peu près 2.300 habitants à l'époque.

C'est à dire qu'une population essentiellement de paysans (le terme est français et non péjoratif même si, maintenant ils sont devenus agriculteurs) va "se saigner aux quatre veines" pour offrir à son Dieu une église digne de ce nom. Irréel maintenant, en notre pays déchristianisé, les édifices catholiques ne sont pas assez grands pour accueillir tout le monde en ces temps d'après La Persécution de 1792 à 1799.

100 mille Francs or correspondent à peu près à 7.280.000 €. 20% ont été payés par l'Etat. C'est à dire que 6.024.000 l'ont été par les habitants.

Les revenus pour un agriculteur tournent aux alentours de 2,49 F soit 3,73€ par jour soit 112 € par mois.

Le pain coûte aux alentours de 0,70€ le Kg, le vin aux alentours de 2 € le litre et une douzaine d'oeufs 2,25€ (chiffres indicatifs selon prix et salaires au XIXème siècle).

Dans l'éventualité où toute la population a participé - ce qui semble extavagant car il y avait des Bleus et descendants de Bleus dans les Mauges - cette participation représente 1.615.013 journées de travail, soit 702 journées de travail par habitant, soit près de deux ans de privations de nourriture.

Certes des gens aisés ont donné plus que la moyenne et c'est leur rôle. Il n'empêche que, sans rechigner ils ont versé leur obole.

150 ans après, le Conseil municipal tel Cordelier en 1794, détruit ce bien qui appartenait à la population, même s'il avait été volé aux donateurs-contructeurs par les lois de 1905.

Destruction au mépris de la loi puisque le Tribunal administratif de Nantes avait interdit cette démolition et dans un analphabétisme total car cette église aurait pu devenir un lieu d'explications architecturales réunissant en un même lieu l'art néoroman et l'art néogothique. Tristes sots !

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