SAINT ETIENNE de MONTLUC, 15 MAI 1794

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Depuis le 13 septembre 1791 la municipalité de Saint Etienne de Montluc a décrèté : "Des messes célébrées par des prêtres réfractaires sont l'occasion de grands rassemblements de cinq à six cents personnes et représentent des risques de troubles à l'ordre public. Les messes ne doivent être célébrées que dans les chapelles des lieux privés. Les prêtres concernés, les abbés Auffray, Blanchet, Bizeul et Urien sont obligés de se retirer à Nantes, sinon ils y seront conduits par la force armée".

Comme bon nombre de prêtres, l'abbé Jean-Baptiste Auffrais choisit la clandestinité ; il se dissimule dans les environs de Saint Etienne de Montluc, dans les marais de Loire, dans les étables des fermes amies. D'autres prêtres auront fait des choix différents pour rester aux côtés de leurs paroissiens ; certains prêteront serment, d'autres iront même jusqu'à se marier. Le sujet, sensible, a été étudié dans une de nos revues (N°30, décembre 2010), après avoir compulsé les "papiers" de Monsieur Jacques-André Emery, Supérieur général de Saint Sulpice.

L'abbé Jean-Baptiste Auffrais (ou Auffray) a été pris à La Valais dont le manoir appartient à un sieur Bernard. Il est emmené à Savenay et emprisonné. Sa détention va durer quelques jours durant lesquels il souffrira des quolibets et de privation de nourriture. Un brave aubergiste nommé Boucaud vint un jour lui apporter un peu de nourriture : "Où vas-tu", dit un gardien ."Je porte à manger à mon ancien ami" répondit Boucaud. "Sais-tu bien ce qui va t'arriver" reprit le gardien. "Arrive ce qu'il pourra, Monsieur Auffray m'a rendu trop de services pour que je l'oublie" rétorqua Boucaud.

Les époux Bernard sont emmenés à Nantes où ils sont jetés en prison. Ils y mourront.

En ce jeudi 14 mai 1794, il y a 220 ans exactement, l'abbé Auffrais est sorti de sa prison et conduit au pied du calvaire où il est fusillé.

Le 23 septembre 1816, sur indication du menuisier Paraud qui a fait le cercueil et inhumé le prêtre, le cousin de l'abbé Auffray, Etienne-Julien, exhume les restes de son parent qu'il dépose avec respect dans une châsse.

Le lendemain, une procession de Savenay à Saint Etienne de Montluc ramène l'abbé Auffrais dans sa paroisse. Il est solennellement inhumé, à l'issue de la messe de sépulture célébrée par le Vicaire général Bodinier, de Nantes, au pied d'un pilier du choeur de l'église (de l'époque).

A la construction de la nouvelle église en 1845, les ossements sont déplacés. Lors de la restauration de l'édifice en 1953, ils sont transférés du choeur au  fond de l'église ; deux plaques, dont une en marbre noir,  signalent leur présence.

Dans cette église, de l'époque de ce Confesseur de la Foi, reste le tabernacle devant lequel il a si souvent porté les yeux en célébrant la Messe.

 

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