A DIEU, PERE MOISAN, KENAVO

Publié le par culture

L'épisode terrestre du Père André Moisan, Membre du Souvenir Chouan de Bretagne, s'est terminé ce matin par son inhumation en sa terre natale d'Augan.

Comme à son habitude, notre ami avait tout prévu, sauf la date de sa mort bien sûr, y compris l'organisation de la messe : Même  l'homélie donnée ne devait être qu’inspirée de l'Evangile du jour et non un discours d'éloge funèbre ! Le Père Armand Chevré qui annonçait l'Evangile prévint la  nombreuse assemblée dans le préambule de son homélie. On reconnaissait dans cette touche l'attachement à l'humilité de l'abbé Moisan. Prêtre avant d'être homme mais homme chercheur, homme de science littéraire et médiévale pour son apport de culture à son sacerdoce au service du monde.

La messe fut célébrée par Monseigneur Raymond Centène, évêque du Diocèse de Vannes, entouré d'une trentaine de prêtres dont le Vicaire général et le Curé-doyen de Ploermel, le Père Pierre Joubaud.

Baptisé dans cette église il y a quatre vingt dix ans, le Père Moisan aimait à rappeler, et il le fit dans son ouvrage de référence "Mille prêtres du Morbihan", que dans cette église avait été baptisé l'abbé Joseph (deuxième prénom du Père Moisan) Pontgérard, mort sous le couperet de la guillotine, il y a 220 ans, en haine de la Foi.

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Même si sa modestie dut en souffrir, trois éloges lui furent faits : Par le Père Robert Glais pour son sacerdoce et son testament spirituel (dont j’attends la copie), par un responsable des Bibliothèques diocésaines dont le Père Moisan fut le Président national pendant une quinzaine d’années, enfin par Monsieur Philippe Portier, Directeur d’Etudes à l’École pratique des hautes études (Paris-Sorbonne), Directeur de recherche au C.N.R.S. (société, religions, laïcité) qui nous fit découvrir la face cachée du discret bibliothécaire diocésain : un universitaire de renom. Extrait de l’éloge dont la totalité sera publiée dans La Revue N° 37 de juin 2014 du Souvenir Chouan de Bretagne.

"Parmi les talents dont la Providence a gratifié le Père Moisan, il en est un, peut-être, qu’on a parfois tendance à oublier. Professeur de lettres dont les élèves gardent le souvenir de l’exigence et de la bienveillance, bibliothécaire au service à la fois de l’Eglise et du monde, musicien interprète mais aussi compositeur, on sait tout cela de lui, bien sûr. On dit trop peu qu’il fut aussi un grand chercheur, au croisement de l’histoire et de la littérature. Il est vrai que sa discrétion ne le portait guère à mettre en avant ce qu’on ignorait souvent ici, ce que d’autres savaient, du côté du cénacle des spécialistes du Moyen Age.

Il était professeur au lycée de Mayenne, quand il croisa sur sa route, au milieu des années 1960, un éminent professeur de Tours, René Louis, qui allait devenir son maître, dans l’ordre intellectuel en tout cas : « Vous connaissez le latin, vous possédez l’ancien français, lui dit monsieur Louis, J’ai besoin de vous pour étudier l’épopée française du Moyen Age ». André, qui était plutôt porté vers la littérature des XVIIIe et XIXe siècles se laissa convaincre, sans trop résister. Il ferait sa thèse sur la légende de Vivien, encore méconnue à l’époque. Ces thèses de doctorat d’Etat, selon l’appellation du temps, exigeaient une dizaine d’années d’études. Il lui fallut quatre ans, pour la mener à soutenance devant un jury de première qualité qui lui accorda la plus haute des mentions. […] Mais le vrai couronnement du Père Moisan lui vint d’un présent collectif que lui firent ses pairs dans la recherche. En 2000, ils se rassemblèrent pour lui offrir ce que l’Université ne donne qu’à ses meilleurs serviteurs, un recueil de mélanges constitué de textes écrits pour lui, et pour lui seul, en témoignage de gratitude, par les grands esprits de sa discipline."

 

Monsieur Portier annonça aussi que le Père Moisan, par le biais de son éditeur, offrait à chacun son dernier ouvrage " Pierre de Kériolet" récit d’un bandit de Dieu devenu pénitent breton, la vie d’un gibier de potence devenu un saint qui repose dans la Basilique Saint Anne d’Auray.

L’absoute et la bénédiction par l’assemblée de l’abbé Moisan (devant lequel je m’étais recueilli la veille et que l’on aurait dit prêt à se lever de son lit tant il était bien) se termina par le cortège, Croix en tête suivie du drapeau du Souvenir Chouan de Bretagne, pour la sortie de l’église, accueillis par un soleil splendide, alors que nous étions entrés sous l'averse.

 

A DIEU, PERE MOISAN, KENAVOA DIEU, PERE MOISAN, KENAVOA DIEU, PERE MOISAN, KENAVO

Nous avons parcourus à pied les quelques centaines de mètres nous séparant du cimetière, accompagnant la famille du Père Moisan : son frère, sa belle-sœur, ses neveux et nièces jusqu’à la dernière demeure de leur frère, beau-frère et Tonton tant aimé.

Les dernières prières furent dites par le Père Pierre Joubaud, accompagné du Vicaire général, et des abbés Glais et Le Berre (jeune prêtre ordonné en juin 2013).

A Dieu, Père Moisan, Kenavo, veillez bien sur nous, sur l ‘Eglise que vous avez servie pendant plus de 60 ans de vie sacerdotale et sur notre pays.

Et merci pour tout ce que nous vous devons.

 

 

A DIEU, PERE MOISAN, KENAVOA DIEU, PERE MOISAN, KENAVOA DIEU, PERE MOISAN, KENAVO

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