JEAN-BAPTISTE CARRIER : Fin de carrière ?

Publié le par culture

JEAN-BAPTISTE CARRIER : Fin de carrière ?JEAN-BAPTISTE CARRIER : Fin de carrière ?

Non, la carrière n'est pas fini pour le Représentant en mission qui est parti de Nantes le 16 février et vient d'arriver à Paris. Après-demain, jeudi 21, il va monter à la tribune de la Convention installée depuis le 10 mai 1793 dans l'ancienne salle des Machines du château des Tuileries. Carrier connaît déjà le lieu pour y avoir siégé.

Contrairement à ce qui est souvent écrit, Carrier n'est pas convoqué pour ses crimes, il est rappelé par la Convention après en avoir fait la demande:

"Citoyen Représentant, tu as désiré être rappelé. Tes travaux multipliés, dans une ville peu patriote et voisine de la Vendée, méritent que tu te reposes quelques instants, et tous tes collègues te reverront avec plaisir, dans le sein de la Convention nationale. Ta santé a été altérée par tes occupations constantes. L'intention du Comité est de te donner une autre mission, et il est nécessaire que tu viennes en conférer avec le Comité (de Salut public). Salut et fraternité !"

Si effectivement l'Agent du Comité Jullien, sorte de Commissairte extraordinaire, a eu une entrevue orageuse avec Carrier, s'il a été informé de ce qui se passait à Nantes par la Société populaire, son rapport ne partira pour Paris que le 3 février ; or Carrier recevra sa notification de rappel le 12 février. Même si Jullien a informé en particulier Robespierre - ami de son père Jullien de la Drôme - 9 jours de délais pour un rappel qui n'est même pas impératif semble bien indiquer que celui-ci a été décidé avant que qui  que ce soit ait été au courant de ce qui se passait à Nantes.

Nous sommes donc bien dans la logique des 132 nantais expatriés par Carrier afin qu'ils soient jugés par le Tribunal révolutionnaire, à Paris, et exécutés, plus sûrement qu'à Nantes. Or Carrier a besoin d'expliquer, par lui-même, à la barre de la Convention, cette déportation de 132 parmi les plus riches ou notables nantais  ; ils sont arrivés à Paris le 5 janvier, n'étant plus que 94 et ont été enfermés à La Conciergerie. Carrier, par un prompt renfort, va faire remonter les effectifs à 110.

Ces 132 nantais, c'est la faute qui va être fatale à Carrier. Non par leur position mais par leur jugement qui va faire exploser son montage et faire se retourner les accusés qui vont devenir accusateurs et les accusateurs, accusés.  Nous verrons les arguments lors de son procès. Car, en effet, la réorganisation du Tribunal révolutionnaire en mars 1793 oblige les juges à spécifier les intentions criminelles et contre-révolutionnaires ou non. Ce qui veut dire que tous les crimes ne le sont pas s'ils ont été commis dans le but final de servir la Révolution. Ils ont été légitimes donc innocents quelque soit leur monstruosité.

Mais s'ils ont été commis avec une intention criminelle ou  contre-révolutionnaire .......

Mais nous n'en sommes pas encore là ; Carrier va même être nommé secrétaire de la Convention. Pour un inculpé, il y a pire !

 

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