JULIEN MINIER, LORIENT, IL Y A 220 ANS EXACTEMENT, même heure.

Publié le par culture

Samedi 11 janvier 1794. Comme d'habitude, la guillotine qui se dresse à Lorient place de La Montagne, maintenant Alsace-Lorraine, attend de remplir son habituel rôle de "Bois de Justice". Depuis des mois,  dans cette appellation, seul le mot bois a encore une signification.

En ce matin de janvier, sans aucun doute va t-on livrer un de ces dangereux assassins qui profitent des temps troublés ? Non, depuis des mois, les assassins sont du bon côté de la guillotine. Ce matin c'est un prêtre qui va subir le châtiment: pour ce qu'il est.

Fils d'un fabricant-marchand de clous de Rochefort en Terre, L'abbé Julien Minier est né le 15 juin 1761 et a été baptisé, le même jour, en l'église Notre Dame de La Tronchaye. Il a été ordonné prêtre, le 25 septembre 1787, par l'excellent Monseigneur Sébastien-Michel Amelot, évêque de Vannes, en l'église du Mené (disparue en 1968 elle se situait à l'emplacement de l'actuel Monoprix, à l'angle de la rue du Mené et de la rue Victor Hugo) à proximité du Grand Séminaire (actuel Foyer des Jeunes Travailleurs)  qui eut entr'autres comme séminariste Pierre-René Rogues.

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Nommé vicaire de Limerzel après son ordination - on retrouve sa signature au bas de divers actes, du 4 janvier 1788 au 28 août 1792 - l'abbé Julien Minier a refusé de prêter les divers Serments à la République laïque et de suivre son recteur en exil en Espagne. Il veut rester au service de ses paroissiens.

Il se cache dans des maisons amis ou dans un chêne creux. 

Il est arrêté dans la nuit du 6 au 7 janvier dernier caché, en compagnie du séminariste Jean Desgrées, chez Joseph Morice au village de Coëdali en Pluherlin (Coët Daly, maintenant).

Les gendarmes de Rochefort les conduisent, tous les trois, d'abord à Vannes puis à Lorient. Ils comparaissent devant le Tribunal criminel. Jean Desgrées et Joseph Morice sont condamnés à la déportation.

Sur réquisitoire de l'Accusateur public Marion, l'abbé Julien Minier est condamné à mort, sanction exécutoire dans les 24 heures.

JULIEN MINIER, LORIENT, IL Y A 220 ANS EXACTEMENT, même heure.

"Rendu à l'endroit de l'exécution, il a  monté l'échafaud et, de suite, il a été par l'exécuteur attaché à une planche et la hache de la loi lui a tranché la tête, à onze heures et demie du matin, en présence d'une grande affluence de peuple" rapportent Marion et Raguedal, huissier du Tribunal.

Pour le 200ème anniversaire de cet assassinat, en 1994, une plaque a été apposée dans l'église de Limerzel ; une autre l'a été à proximité de sa maison natale à Rochefort en Terre.

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Dans son monumental ouvrage "Mille prêtres du Morbihan face à la révolution" (1999) d'où sont tirés les renseignements de cet article sur Julien Minier, le Père André Moisan précise:  Le 27 novembre 1921, l'évêque de Vannes, Monseigneur Gouraud (originaire de Nantes) écrivait: "Nous nous laissons aller à l'espérance qu'un jour la Sainte Eglise procurera à nos prêtres de la Révolution l'honneur des autels." Une liste de vingt six martyrs a été proposée aux services du Vatican pour la cause des Saints; elle n' a pas abouti et n'a pas été reprise depuis. "Tous ces serviteurs de Dieu ont entrevu le martyre comme possible, soit en refusant nettement de s'assermenter s'ils étaient astreints au serment, soit s'ils étaient prêtres libres, en semblant ignorer cette formule, ainsi que les autres actes légaux qui leur paraissaient, dans la forme où on les leur présentait, contraires à la foi et à leur conscience. Ils se sont bien rendu compte, avant de périr, que le véritable motif de leur immolation, c'était leur fidélité au catholicisme romain et c'est cette pensée qui les a fait affronter leur supplice. La haine du catholicisme, excitée par des proclamations furibondes et des factums en style grandiloquents qui ne cessaient de représenter ses ministres comme autant de monstres et de scélérats fanatiques, explique seule une immolation à laquelle on ne peut refuser la qualification de martyre."

L'abbé Julien Minier, dont le corps fut jeté dans une fosse commune, comme un vulgaire détritus, est toujours présent dans la Mémoire. Qu'il veille sur l'Eglise et sur la Bretagne.

Requiescat in pace.

Le Clos, à Limerzel, le chêne creux, le village de Coët Daly et la maison de Joseph Morice.
Le Clos, à Limerzel, le chêne creux, le village de Coët Daly et la maison de Joseph Morice.
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Le Clos, à Limerzel, le chêne creux, le village de Coët Daly et la maison de Joseph Morice.

Le Clos, à Limerzel, le chêne creux, le village de Coët Daly et la maison de Joseph Morice.

Surprenante anecdote: Pendant la prise des clichés, une chouette a hululé régulièrement, fait  qu'a remarqué la propriétaire de la maison de Joseph Morice.

 

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