27 JANVIER 1794, MORT DU PRINCE DE TALMOND.

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Antoine-Philippe de La Trémoïlle, prince de Talmond, prisonnier des Bleus pour ses menées contre-révolutionnaires, échappa à ses gardiens et rejoignit l'Armée Catholique et Royale lorsqu'elle s'empara de Saumur le 9 juin 1793.

Il participa à la Virée d'Outre Loire après la défaite de Cholet le 17 octobre 1793, ses troupes, ainsi que celles du Vicomte de Scépeaux - sous lequel servait Georges Cadoudal - sécurisant la rive droite de la Loire du côté de Varades, afin que les Vendéens puissent traverser le fleuve royal.

Après l'échec de Grandville, il aurait tenté de s'enfuir, avec d'autres (Solérac, Beauvollier, l'abbé Bernier) dont des femmes en s'emparant d'une barque de pêche ; Stofflet l'aurait accusé d'avoir voulu déserter. Il prétendit qu'il voulait aller à Jersey chercher le secours des Emigrés qui s'y trouvaient. Pourquoi ne pas le croire. Il a, en effet, toujours montré une grande pugnacité lors des combats, à Entrammes en particulier. Il aurait pu avoir un mouvement de découragement ; pourquoi pas puisque ce même sentiment atteignait les combattants, dont les Vendéens qui voulaient rentrer chez eux ?

Il reprit son rang et se distingua à Dol, à Pontorson, à la bataille du Mans où il couvrit l'évacuation de la ville.

Il fut de tous les errements de la Grande armée catholique, du moins ce qu'il en restait, du Mans à Angers, puis à Ancenis - où il traversa la Loire avec Henri de La Rochejaquelein avant de retraverser pour rejoindre ses combattants qui n'avaient pu passer - jusqu'à Blain où il eut la déception - marquée par un violent coup de pied sur le plancher de la salle où étaient réunis les derniers chefs - de ne pas être élu généralissime de l'Armée moribonde. Il la quitta là afin de retourner dans son Maine.

Avec son fidèle domestique Matelein et Bougon (Jean-Charles Hippolyte Bougon-Longrais, ancien procureur-général syndic du Calvados), ils errèrent par Derval, La Guerche, la forêt du Pertre et se réfugièrent dans le moulin à papier de Malagra fin décembre 1793. Ils furent repérés par la Garde nationale et emmenés à Fougères pour un premier interrogatoire par le général Beaufort. Il fut découvert lorsque, dans la rue, une servante d'auberge le reconnut et fauta malencontreusement. 

Peut-être est-ce lors de ce premier interrogatoire qu'il fit cette réponse restée fameuse : "Depuis quand es-tu avec les brigands ?" "Depuis que je suis en votre compagnie".

Le prince de Talmond, le moulin de Malagra en 2003, l'interrogatoire.Le prince de Talmond, le moulin de Malagra en 2003, l'interrogatoire.Le prince de Talmond, le moulin de Malagra en 2003, l'interrogatoire.

Le prince de Talmond, le moulin de Malagra en 2003, l'interrogatoire.

Tranféré à Rennes le 2 janvier pour être interrogé par Esnue-Lavallée, il contracta le typhus dans la prison insalubre où il fut enfermé. Il demanda son transfert à Paris pour être jugé par la Convention. L'ordre en fut donné. Esnue-Lavallée, craignant qu'il ne meure en prison décida de le déférer à la Commission de Gabriel Vaugeois, prêtre défroqué (qui jugea, du 9 novembre 1793 au 8 juillet 1794, 539 personnes dont 84 furent exécutées ; il mourut dans son lit à l'âge de 86 ans).

De Rennes, Antoine-Philippe de La Trémoïlle fut tranféré à Vitré où prisonnier et geôliers arrivèrent le 26 janvier, le prince très gravement malade.Comparaissant devant Vaugeois, il fut immédiatement condamné à mort, sentance exécutoire dans les 24 heures à Laval. Un itinéraire fut prévu et le cortège se mit en route, sous bonne escorte. Mais à la sortie de Vitré il fallut changer l'attelage et réquisitionner des chevaux d'artillerie. Dans le même temps il fut décidé de changer d'itinéraire. Jean Chouan, qui avait prévu de libérer le prince dont il était l'ami, fut prévenu par un messager. Hélas, Jean Chouan, était analphabète et ni lui ni personne de son entourage ne put lire le message.

Le cortège arriva à Laval, place de la Révolution où était dressé l'échafaud qui avait déjà tué les quatorze prêtres le 21 janvier. C'est à la nuit tombante que l'exécution eut lieu, à la lueur des flambeaux. La tête du prince fut installée sur un chandelier puis fixée sur une pique de la grille du château, l'exécution ayant eu lieu face à la demeure du prince de Talmond.

La place de la révolution s'appelle maintenant place de La Trémoïlle, la boulangerie, sur le mur de laquelle est fixée une plaque, accueillit les spectateurs de la commission et de la municipalité. Le corps resta sur place jusqu'au lendemain et la tête d'Antoine-Philippe de la Trémoïlle; sur sa pique jusqu'au surlendemain. Puis le corps fut inhumé dans la fosse commune où les prêtres avaient été inhumés le 21 janvier, route de la Croix-Bataille. La tête le fut dans le jardin du château.

Le prince de Talmond avait 28 ans et quatre mois.

Le château du prince, la boulangerie, la plaque mémoriale, la fosse bénite par l'abbé du Faÿ de Choisinet.Le château du prince, la boulangerie, la plaque mémoriale, la fosse bénite par l'abbé du Faÿ de Choisinet.
Le château du prince, la boulangerie, la plaque mémoriale, la fosse bénite par l'abbé du Faÿ de Choisinet.Le château du prince, la boulangerie, la plaque mémoriale, la fosse bénite par l'abbé du Faÿ de Choisinet.

Le château du prince, la boulangerie, la plaque mémoriale, la fosse bénite par l'abbé du Faÿ de Choisinet.

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